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Nämdö, trois jours sur l'île du paradis (suédois)

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture




23h30, dans la suffocation du sauna… les narines brulent, les gouttes dégoulinent sur les tempes, et à travers le hublot, je regarde le ciel rose derrière les pins.

Je passe en revue ces trois jours idylliques sur l’île de Nämdö (prononcer « Nomda »!), dans une météo d’été suédois idéale, telle que je l’avais rêvée… Cette île au coeur de l'archipel de Stockholm,

à une vingtaine de minutes de bateau depuis la côte, est une des plus grandes avec ses 7 kilomètres de long et ses 10 kilomètres carré de surface : elle est pourtant très préservée, toute récemment inscrite au parc national de l'Archipel.


Nämdö c’est d’abord se faire déposer sur le ponton sauvage de Skarvassa, une sensation de paradis dans un paysage aux allures de petites Vosges aux bords de l’eau. C’est y découvrir les brouettes à l’envers, pour y déverser nos bagages, et partir la fleur au fusil en quête de la maison de Mikael, notre hôte si prévenant. C’est se faire aider par les voisins, qui nous guident jusqu’au bon virage, et c’est sourire de voir notre troupe en file indienne dans ce chemin herbeux, aux allures de villageois qui fuiraient la zone occupée pour passer en zone libre.

C’est réussir à manœuvrer les brouettes malgré le poids qu’elles contiennent, et c’est découvrir le cocon qui nous attend pour trois jours.



C’est ces deux maisons de bois rouges, qui trônent sur leurs promontoires, promesses de moments chaleureux à vivre tous ensemble.



C’est l’odeur des résineux qui exhale dans ce midi déjà chaud, c’est ce grand ciel bleu, c’est cette brise idéale dans les sapins.

C’est ce sauna tout en bois, et son ingénieux système de seau d’eau froide : qui osera tirer sur la corde ??

C’est cet adorable café pour enfant, alors que nos dernières sont déjà un peu grandes pour oser se laisser aller au jeu des serveuses.

C'est ce cocon si confortable, où chacun prend le temps de savourer ses vacances.



C’est l’efficacité redoutable de Soso à nous préparer un bon déjeuner alors que la troupe est affamée et décompresse de ce départ un peu stressant depuis Sollentuna, où il a fallu vaincre les pièges du GPS pour gagner la gare de bus de Slussen, y déposer bagages et enfants, aller rendre les voitures, revenir à Slussen en taxi et attraper avec tout juste un petit quart d’heure d’avance le bus qui nous a emmenés à Stavnas, un port à quarante cinq minutes d’où partait le bateau qui voguait vers Nämdö. 



C’est cette sieste écrasante de deux heures dans la douceur de l’après-midi, sous le chant des oiseaux.


C’est cette petite balade vers le « bastu » (sauna) public du parc national, en bord de crique, dans les roseaux et les hautes herbes, si sauvage. C’est ces sentiers forestiers parmi les pins et les sapins, avec déjà quelques personnages fantastiques émergeant de la mousse, le land-art fait ici des heureux.



C’est la fraîcheur et l’humidité qui montent de la terre dès que le soleil commence à décliner, alors que sur la pierre la chaleur monte encore.


C’est ces parties endiablées de balles au prisonnier, trois pas maximum, « on dit que celui qui sort des zones part en prison ! ». C’est les tirs redoutés de Félix, les chutes rigolotes, les maladresses des uns, l’agilité des autres, c’est la revanche puis la belle dans la soirée qui s’annonce.



C’est les pizzas confectionnées par Sophie et PIerre, « ça colle ! », à partir de la pâte très gentiment préparée par notre hôte pour notre arrivée, et cuites dans un vrai four à bois!



C’est prendre enfin le temps des aquarelles au réveil le lendemain, c’est le génie de Sophie qui nous refait les épisodes cocasses de l’aventure en radeau, telle une BD jouissive à dévorer.



C’est les footing du matin jusque Solvik, le lieu-dit du Sud, pour aller repérer la seule épicerie de l’île. C’est se perdre en forêt, c’est vouloir persévérer dans la mousse et les épines, c’est finalement écouter Pierre, rebrousser chemin, trouver le bon sentier et avoir parcouru près de 12 kilomètres sur la matinée. C’est découvrir cette partie plus sèche de l’île, son église comme à Walnut Grove, ses landes d’herbes sèches, ses jolies maisons de bois du début du siècle.

C’est un bain revigorant dans la Baltique tout habillée avant d’attaquer le retour!


 

C’est refaire la sieste, c’est continuer les aquarelles, c’est motiver la troupe pour aller passer la fin d’après-midi sur notre ponton attitré, à trois minutes à pied de la maison, dans la forêt.

C’est profiter des douces températures, essayer le paddle et le kayak et s’entrainer à l’instabilité, c’est jouir de ces paysages typiquement suédois de pontons de bois, de roseaux, de roches rondes et lisses et de bateaux sur l’eau.



C’est rejouer à la balle aux prisonniers, c’est perdre ou gagner, c’est l’excitation de Marie à l’idée de recommencer le lendemain.


C’est ce coucher de soleil sublime avec ma Zoé, alors que tout le monde a voulu assister à la débandade de l’équipe de France contre l’Espagne dans cette demi-finale décevante.

Ce sont les couleurs que je suis venue chercher.



C’est le sauna, le seau d’eau sur la tête, les nuits paisibles et reposantes. C’est les instants doux de guitare de Jeanne à la voix si claire, c’est ses tentatives d’apprentissage des accords de « Stand by Me » auprès de Pierre, qui a décidé d’être motivé avec son petit cahier.



C’est le modelage avec cette glaise fraîche trouvée dans l’atelier d’artiste, c’est fabriquer des petits personnages à cacher dans les racines des arbres autour de la maison, c’est cette belle balade en VTT pour aller manger une glace à l’épicerie.



C’est se délecter de demander aux filles de jouer la parodie de la Petite Maison dans la Prairie dans ces paysages d’été, c’est s’y faire dévorer par les moustiques, c’est rentrer à pieds.

C’est cette sensation incroyable de vivre des paysages corses sous les latitudes de la mer Baltique, avec ces pierres sèches et cette odeur de maquis, il ne manque plus que les cochons sauvages !



C’est une dernière partie de balle aux prisonniers, c’est l’apéro final au coucher de soleil sur les rochers, sous cette lumière magique, c’est le plaisir d’être ensemble dans cette Suède si esthétique, c’est méditer dans la suffocation de ce dernier sauna à 23h30, les tempes qui dégoulinent et les narines qui brûlent, c’est regarder par le hublot le rose entre les pins et se dire qu’ici on était sacrément bien. 









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