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Les bouts du monde se méritent : nouvelles péripéties, belles rencontres et toxi-infection alimentaire !

il y a 25 minutes
6 min de lecture


Dans un voyage, il y a (presque) toujours une journée qui ne se déroule pas comme prévu : on est rodés, mais à chaque fois il faut tout de même l’encaisser !

En cette sixième journée aux Açores, nous changeons d’île : notre vol est prévu tôt le matin, à 7h15, pour gagner Terceira pour une très courte escale avant de rejoindre Sao Jorge, notre destination finale.

Sao Jorge est le point d’orgue de cette exploration des Açores, la raison d’être de ce voyage, la motivation initiale : des petites maisons en pierre volcaniques posées sur une « faja » qui s’avance dans l’océan au pied des falaises qui plongent littéralement dans l’océan, un environnement complètement mystique.

C’est donc en pleine conscience que nous avons réservé un vol si tôt, pour pouvoir profiter d’une première journée entière de bonheur dans cet endroit rêvé.

Levés à 5h30, nous apprenons déjà que le vol est retardé à 7h50.

Dans la salle d’embarquement, on voit bien qu’on n’embarque pas.

Nouvelle annonce à 8h d’un vol retardé à 8h30: on s’inquiète de savoir si la connexion pour Sao Jorge pourra bien se faire, mais le personnel au sol est incapable de nous renseigner.

Le stress monte.

A 8h20, on reçoit un message qui nous informe de l’annulation de notre connexion !

Et c’est en grimpant dans l’avion pour Terceira qu’on reçoit un nouveau message : nous serons ré-acheminés sur Sao Jorge sur le second vol de la journée, à 15h05.

Nous avons donc quasiment sept heures à attendre sur Terceira !!! Adieu la journée de repos prévue sur la Faja do Belo !!! Il va falloir se réinventer !



Au bout de trente minutes de vol, nous foulons le sol de Terceira sous un beau soleil en ce début de matinée.

Les consignes à bagages sont pour notre grande chance à un prix dérisoire : 1,50 euros la grande box qui permet de fourrer les sacs de tous pour sept personnes ! Et le tarif est le même pour une heure ou 24 heures !

Un taxi-van est positionné à la sortie du tout petit aéroport.

On demande au chauffeur si il peut nous emmener dans la ville à 10 minutes en faisant un arrêt à un point de vue sur le trajet.

Initialement pas très enjoué, il nous explique qu’il a des bagages à récupérer et qu’il n’aura pas le temps pour l’arrêt touristique.

On monte malgré tout, et voilà que passés les premiers kilomètres, Fernando nous explique, dans un anglais parfait, qu’il va appeler pour savoir si une mission bagages est prévue pour lui en suivant : pas de réponse !

Il décide alors de complètement changer ses plans et nous propose, pour trente euros, de nous emmener sur un grand tour qui passe par le point de vue le plus haut de l’île, avant un autre point de vue sur la ville de Praia da Vitoria, puis nous déposer au centre de la ville, où il viendra nous récupérer après le repas pour nous ramener à l’aéroport.


On n’hésite pas une seconde et on saute sur cette occasion pour transformer la journée de galère en pirouette touristique !


Nous voilà chahutés sur les routes pavées de l’île, très verte elle-aussi : Fernando appelle sa femme, Christine, Portugaise elle aussi mais qui a vécu sept ans en France, et me la passe au téléphone pour qu’elle me fasse la conversation sur la route ! C’est lunaire : Christine me parle comme si nous nous connaissions depuis vingt ans, elle m’explique qu’elle a vécu à Fontainebleau puis dans l’Oise, me parle du climat des Açores bien différent du climat du Portugal Continental, me parle de Sao Jorge qui est son île préférée, de sa fille qui fait ses études sur le continent, du pare-brise qu’elle doit dégeler en hiver quand le gel n’existe pas aux Açores. Cette conversation téléphonique est très drôle, chaleureuse, un brin décalée, et je joue le jeu comme si je connaissais Christine de longue date !!


Arrivés au Miradouro da Serra do Cume, le panorama est fantastique : comme on a bien fait d'accepter la proposition de Fernando ! Le sommet se présente comme un cône donnant sur les deux côtés de l’île. D’un côté le vent est très fort, de l’autre il n’existe plus !

La vue est splendide sur les plaines herbeuses quadrillées de murets de pierre, les troupeaux de vache paissent en contrebas, Terceira semble aussi très agricole : Fernando nous explique qu’il y a ici plus de bovidés que d’humains ! 

Il trayait les vaches de son père à la main avec son frère, et nous explique qu’un temps les touristes voulaient eux aussi essayer. Mais certaines dames ayant les ongles longs (ce n’est pas notre cas !!), elles faisaient mal aux vaches, qui le faisaient payer par des coups de pieds aux propriétaires sur les traites suivantes ! Résultat : finies les initiations de traite manuelle aux touristes !



Sur l’autre versant, on aperçoit la ville où nous irons déjeuner, Praia da Vitoria, et la piste d’atterrissage de l’aéroport.


Fernando poursuit ses explications : nous découvrons avec surprise que Terceira est une base aéronautique américaine.

L’US Air Force a ici une centaine de soldats en poste : les Açores sont un point stratégique pour les Américains au milieu de l’Atlantique et en avant-poste du continent Européen puis du Moyen-Orient.

C’est ici que des pipelines amènent le carburant pour la flotte aérienne. 

Les intérêts pour les Açoréens de cette présence américaine sont multiples : économique, puisque ces soldats présents sur l’île consomment sur place et font tourner les boutiques (un groupe partagera d’ailleurs la cantine du midi avec nous !), stratégique puisqu’ils assurent ainsi une protection au Portugal, et technique car ils entretiennent les pistes de l’aéroport, ce qui est très utile pour le tourisme local et la vie quotidienne des Açoréens, puisque Terceira est la plaque tournante de tous les vols inter-iles. 

On ne pensait pas en apprendre tant avec ce passage ici !



Nous reprenons la route, direction le Miradouro Facho, qui domine Praia da Vitoria et sa petite marina. 

Je demande à Fernando si c’est ici que se posent les bateaux qui font la Transatlantique, il m’explique sur c’est surtout sur l’île de Faïal qui possède un port beaucoup plus grand.

Mais certains bateaux de plaisance européens restent à quai ici, le coût d’un stationnement à l’année valant celui d’un mois en France !



Nous redescendons vers la ville qui se révèle toute mignonne avec son église centrale jaune et blanche.

En attendant l’heure du déjeuner, on y pénètre et un monsieur nous accueille : intéressé par une donation, il nous propose de monter au clocher pour la plus belle vue sur la ville !

C’est vrai que c’est très joli, ces ruelles pavées et ces bâtiments blancs nous rappellent Sucre en Bolivie…



Pour le déjeuner nous avons jeté notre dévolu sur une cantine locale, pas chère, où les plats sont proposés en buffet : Fernando nous a réservé une table et on est heureux de se poser après un lever si matinal et déjà pas mal d’émotions !



Mais voilà que Pierre tombe sur un morceau de poulet qui semble avarié : on n’y croit pas, les nôtres sont délicieux… alors il persévère et finit son assiette, en toute politesse…

Voilà ce qui marque pour lui le début d’un toxi-infection alimentaire qui va le mettre au lit pour tout notre séjour à venir sur Sao Jorge !!! La tuile !!!


Au milieu de l'après-midi, nous voilà enfin dans l'avion pour Sao Jorge, on n'y croyait plus !



Le trajet est très court, moins d'une demi-heure, et la nature est toute mouillée notre arrivée, on se dit que peut-être c’était chouette aussi de profiter du soleil à Terceira en attendant…

Récupérer la voiture de location prend beaucoup de temps (nous sommes trois clients à attendre, un seul préposé au guichet alors que deux collègues papotent derrière le comptoir !), mais nous voilà enfin sur les routes embrumées de Sao Jorge, alors que Claire et ses garçons ont pu prendre un peu d’avance et faire un stop au supermarché pour les provisions des jours à venir.

Les lumières du soir sur l'île sont déjà prometteuses...



On le sait, on arrive au bout du monde…

Et les sensations « d’accostage » dans cet endroit inédit vont surpasser nos attentes !

Faja do Belo, nous voilà enfin !






 
 
 

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