Les Açores : douceur et majesté au coeur de l'Atlantique






Voilà à peine deux jours que nous sommes sur Sao Miguel, l'île principale des Açores, et l'on peut dire que la reine de cet archipel portugais, constitué de neuf îles volcaniques posées au coeur de l'Atlantique, nous en a déjà sacrément éblouis !
Arrivés en matinée depuis Lisbonne où l’escale de nuit fut bien courte, c’est la douceur de l’océan qui nous a cueillis ici.
Agua de Pau, le village où nous logeons, est posé sur les falaises, endormi par l’automne et ses températures encore très agréables: une vingtaine de degrés constants, très vite réchauffés dès que le soleil monte dans le ciel azur. J’ai trouvé un petit hôtel en mode appartements autonomes très chouette, à tarif très raisonnable, à la vue géniale, et à deux coups de pédale de Praia Baixa d’Areai - une plage sauvage encaissée entre les falaises - sur laquelle nous sommes tombés par hasard en cherchant une roulotte à sandwichs !
Le déjeuner donne le ton, des points de vue sublimes comme celui-là, nous allons en écumer quelques-uns tout au long de notre séjour !
Cinq nuits prévues sur Sao Miguel puis trois nuits sur la très sauvage Sao Jorge, les Açores vont nous sortir le grand jeu.
Une fois les estomacs rassasiés, on grimpe en voiture pour un premier point de vue sur la région puis on gagne l’Ermitage Notre Dame de la Paix, une chapelle qui domine la ville de Vila Franca do Campo, avec son étonnant escalier monumental qui dégouline sur la colline.
Nos compères de voyage arrivent à leur tour : notre cousine Claire et ses garçons Barthélémy et Anselme vont découvrir ces deux îles de l’Archipel avec nous, pour le plus grand plaisir des ado.
Une fois nos affaires posées dans les appartements, et un petit aller-retour plus tard dans la piscine, on file dans la région de Furnas découvrir nos premières sources chaudes : Poça Da Dona Beija, et ses bassins qui s’égrènent le long d’une rivière où l'eau ferrugineuse sort de terre à 39 degrés, quel pied ! Les thermes naturelles sont multiples sur Sao Miguel, on compte bien en profiter ! C’est un bonheur total de barboter dans cette eau qui nous donne le teint orangé, comme un étonnant coup d’auto bronzant, et je me délecte de sentir cette eau au goût de fer sur la peau… La végétation alentours est superbe, quel dépaysement…
Pour finir la journée et fêter ces retrouvailles de début de vacances, on s’offre un resto dans Ponta Delgada, la capitale de l'île: "Louvre Michaelense" est une institution de la vieille ville, on se régale dans un cadre charmant. Oui je crois bien que les Açores nous ont déjà conquis !
Le lendemain, en ce deuxième jour de voyage, on prévoit la découverte de l’Ouest et sa fameuse région de Sete Cidades (les Sept Cités): ses caldeira devenues lacs verts sont les véritables stars de l’île.
La route sinue entre les collines verdoyantes de l'île, qui s'affiche très agricole, avec ses vaches tachetées de noir et blanc, ses odeurs de bouse, ses pâturages en pente, comme des airs de Petite Suisse perdue au milieu de l'Atlantique.
Premier arrêt au passage sur un ancien aqueduc envahi par la mousse, il ne nous en fallait pas plus pour déjà s’amuser. Zoé y devine des airs du viaduc dans les Highlands lors de notre voyage en Ecosse, le célèbre viaduc de Harry Potter.
La véritable découverte de Lagoa Verde et Lagoa Azul commence par une petite marche d’approche pour gagner le fameux point de vue Miradouro da Boca do Inferno : la légende raconte que la caldeira aurait abrité sept cités toutes englouties au cours d’une éruption volcanique …
Nous voilà dominant les paysages, imaginer que les millénaires ont ici placé de l’eau dans les cratères des volcans suffit à donner tout son mystère aux paysages de Sao Miguel…
On rejoint ensuite le Miradouro da Vista do Rei, pour un pique-nique avec vue splendide : les hortensias sont en fin de floraison, on n’imagine même pas ce que ça pourrait donner en pleine saison ! (mais il y aurait aussi plus de monde !!), on peut jouir ici d'un paysage exclusif sans la foule, un privilège qui mérite quelques boules d'hortensias en moins !
Puisque dans notre dos s’élève l’ancien palace Monte Palace, laissé à l’abandon depuis 1990, les garçons nous demandent de pouvoir l’explorer en autonomie en mode "Urbex" (exploration photo d’un ancien site abandonné). Ils échappent ainsi à la rando sur les pentes de la caldeira qui nous emmènent jusqu’au lac, c’est de bonne guerre, et ça nous fait plaisir de les laisser se griser dans un site pas si interdit que ça…
La première partie de la rando offre un sentier très pentu, glissant par endroits, où l’on progresse lentement dans une explosion de végétation tropicale. De ci de là on devine des vues sublimes sur le vert clair de Lagoa Verde, et au bout d’une heure trente nous voilà en son bord. On traverse le pont qui sépare les deux lacs, et on gagne la presqu’île qui s’avance dans le Lagoa Azul : la pause thé et oranges (toujours un thermos prêt dans le sac à dos!) dans la pelouse verdoyante et au milieu des hortensias est enchanteresse, le cadre est bucolique à souhait dans cette lumière de l’après-midi… Calme total, des petits airs de contes de Harry Potter ici aussi !
Alors que Pierre et Claire font la remontée en mode « trail » (bouclée en 54 minutes alors qu’on a mis 1h45 à descendre !), je marche avec Zoé jusqu’au village de Sete Citades pour une seconde pause-thé, dans une « casa de cha » cette fois, avant de se faire récupérer par la troupe réunie au complet !
La journée finit de s’étirer sur les flancs ouest de l’île, avec des vues magnifiques sur l’océan et le village de Mosteiros, qu’on gagne au milieu de routes sinueuses dans des lumières sublimes : nous voilà posés sur les pierres volcaniques pour un coucher de soleil cinématographique sur les piscines naturelles, au pied du sable noir. L’océan est déchainé, le spectacle est époustouflant après cette journée très réussie.
Les Açores donnent le ton : douceur et majesté au coeur de l’Atlantique.
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