Le jour où Jésus nous a sauvés sur la Vélodyssée !
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Jour 10 : Uza => Cap Breton : 70 kilomètres
Jour 11 : pause à Cap Breton, 16 kilomètres AR pour la chapelle de Labenne




Une sacrée étape en ce dixième jour de voyage, avec quelques imprévus pour faire durer le plaisir !
Nous avons quitté Uza un peu après 10 heures, pour pédaler à nouveau sur les infinies forêts de pins des Landes.
Le dénivelé est ici plus sévère, et Zoé vit sa meilleure vie aujourd’hui car c’est désormais son Papé qui la tracte dans les montées grâce à son vélo électrique, assez incroyable de facilité !
On traverse le charmant village de Lit-et-Mixte, dont j'ai entendu parler toute mon enfance : ce fut pendant de nombreuses années le lieu de camping estival de mes cousins !
Mais voilà qu’au bout d’une heure et demi de vélo, sur une énième montée un peu rude, je coince ma chaine sur un changement de vitesse… On se dit que ça va être vite réparé, mon père étant resté avec moi en arrière. Au bout de quinze minutes d’essai, on craque et on appelle Pierre et ses outils à la rescousse (pas de réseau ici, il me faut grimper sur la colline!): le pauvre est déjà 2 kilomètres plus loin, il lui faut donc faire un bon demi-tour…
Les tentatives se poursuivent, avec tous les moyens à notre disposition, mais quatre maillons sont totalement bloqués, impossible de les déloger…
On est à l’arrêt depuis une heure - le reste de la troupe a fait demi-tour également pour nous rejoindre-, quand ô miracle, Jésus arrive à notre rencontre : Rémi, qui, véridique, ressemble physiquement de façon très troublante au Messie (mêmes cheveux longs ondulés, même barbe!), est un cycliste équipé qui a décidé de descendre la Vélodyssée depuis la Rochelle jusqu’au Pays Basque en trois jours !!! On ne joue clairement pas dans la même cour !
Mais Rémi, en bon samaritain, a vu que nous étions bien embêtés et a fait demi-tour pour venir nous proposer son aide : Alleluia !!!
Rémi est surtout équipé d’une bonne expérience en réparation de vélo et possède avec lui un démonte-chaîne, il enlève donc un maillon sain, désadapte toute la chaine et Pierre finit ainsi par réussir à décoincer la récalcitrante. Que Rémi soit béni !!! Ce d’autant qu’il sait remonter la dite chaîne et même faire les ajustements de dérailleur pour m’éviter une nouvelle mauvaise surprise …
C’est fou comme parfois le destin peut mettre sur notre route les bonnes personnes au bon moment… Jolie philosophie sur la Vélodyssée!
Mais il nous reste 19 kilomètres à faire avant de relier Moliets et Maâ, prochaine trace de civilisation pour espérer y trouver notre pique-nique, et la chaleur monte. Les kilomètres nous semblent interminables, ce d’autant que les estomacs crient famine et que les dénivelés nous narguent régulièrement, et oui, les Landes ne sont pas si plates !
On y arrive finalement vers 14h30, et ouf, la boulangerie n’est pas fermée : elle est même très bien achalandée et nous redonne instantanément le moral !
Et devinez qui est attablé à l’ombre avec un sandwich ?? Jésus himself, surpris de nous voir déjà là! Ce sera pour nous l’occasion de lui offrir des chouquettes de remerciement : nous ressentions le besoin de lui rendre grâce !
En cherchant des WC publics, je découvre que Moliets est pourvu d’une adorable placette avec son café et ses fauteuils sous les arbres, parfait pour notre café/thé de fin de repas.
On prend donc le temps de savourer cette longue pause avant la reprise. Nous avons fait 40 kilomètres depuis le départ à Uza, il nous en reste une petite trentaine.
On longe le fronton du village puis on rattrape la Vélodyssée, tout requinqués que nous sommes de cette délicieuse entracte, je chantonne, je médite, quand soudain, au bout de cinq kilomètres, je réalise que je me sens bien légère et que j’ai oublié mon sac à dos sur la place du village !!!
Panique, appel du café qui a bien conservé mon « précieux », appel de Pierre qui encore une fois est en avant, et fait de nouveau demi-tour pour venir à ma rencontre et décide de retourner seul sur Moliets pour le récupérer… Reconnaissance éternelle car il part pour ajouter 10 kilomètres de plus à cette très longue étape…
Nous sommes alors entre Messanges et Vieux Boucau et nous avions repéré un salon de thé isolé dans la campagne, on le rejoint en attendant notre héros.
La chaleur est plombante, cette nouvelle pause est donc malgré tout très appréciée, d’autant que le Studio LiliPots, intégré dans une boutique de céramiques artisanales, est un endroit très calme, tout en ambiance japonaise, petits voilages au vent et bon gâteau au chocolat, à prix doux…
Zoé y savoure ses verres de lait frais à un euro, on salue la proposition!
On repart avec de jolis savons à suspendre, des chewing gums du Sri Lanka et une infusion aux épices offerte par la gentille vendeuse à Félix pour son rhume naissant…
Nous voilà repartis, la forêt défile et le petit ruban de goudron avec elle, mais plus la journée avance, plus il me semble difficile de progresser : sensation de pneu crevé ou de faux plat continu, je suis en fait épuisée, et mon père décide alors de me tracter à mon tour. Nous sommes à 55 kilomètres du départ. Quelles sensations!! Et quelle barre de rire de se laisser ainsi assister par son papa à 45 ans passés !
Mais mon honneur m’empêche de terminer ainsi le parcours, et à hauteur d’Hossegor, je décide de me reprendre en mains !
Nous voilà arrivés à Cap Breton, ses plages, puis sa ville, son Boudigau (le fleuve !), ses bateaux, son port de pêche, son estacade (ce fameux ponton de bois commandé par Napoléon III, qui s’avance dans l’océan jusqu’au phare vert et blanc de la ville), et l’hôtel Océan où une charmante chambre familiale nous attend.
Bonheur suprême que cette arrivée au bout de ces 70 kilomètres un peu éprouvants. Le fessier est douloureux, les cuisses sont bien dures, la douche est une résurrection!
Le lendemain c'est une VRAIE journée de repos dont nous jouissons.
Petit déjeuner qui traîne, grasse matinée pour les enfants, balade dans le centre-ville et sa si mignonne rue piétonne, longue flânerie dans la librairie "Le Vent Délire" où nous avons retrouvé Johanna, notre ancienne baby-sitter chérie, qui est maman à son tour de deux adorables tout-petits. Quel bonheur de se revoir, quelle claque de voir à quelle vitesse le temps file...
Puis nous sommes rentrés à l'hôtel, avons sombré dans une grosse sieste ! et sommes partis profiter d'un petit temps à la plage, sous ce ciel gris de poésie.
Alors que l'appel de la fête forraine se fait trop fort pour Zoé, grâce au bateau passeur qui traverse le canal, je prends mon vélo avec papa pour faire les 8 kilomètres qui nous séparent de la chapelle Ste Thérèse de Labenne : chapelle des sables, chapelle des dunes... Mystique ... et vue incroyable sur les plages des Landes ...
Alors que les enfants ont tout raflé sur la fête foraine (ah ces machines à pinces !!), la journée se termine devant l'estacade, dans ce ciel couchant qui enveloppe notre dernière soirée sur Cap Breton, douce étape de repos pour les corps et les esprits. Demain, c'est reparti !
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