La Vélodyssée en famille : de l’Ile de Ré jusqu’au Pays Basque !
- il y a 2 jours
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Jour 1 et 2 : traverser les Charentes Maritimes : Loix en Ré => Châtelaillon-plage => Les Mathes
112 kilomètres






Six ans après notre première expérience de voyage à vélo très sportive le long du Canal du Midi de Toulouse (partis de la maison!) à Sète sur plus de 350 km, et cinq ans après notre expédition en Bretagne Nord du Mont St Michel à la côte de Granit Rose, on avait très envie de remettre ça.
PS : ces deux épopées à vélo sont à retrouver dans la rubrique "France" !
La Vélodyssée nous tentait depuis longtemps : descendre le long de l’Atlantique pour découvrir des régions que nous connaissons mal, gouter à une ambiance sable, plage, vagues, surf et pins à gogo, pouvoir enchainer des étapes assez longues grâce à un faible dénivelé et joindre deux régions que nous chérissons particulièrement, l’île de Ré et le pays Basque, voilà nos motivations !
Cette fois nous ne sommes que quatre, Basile ayant du rester sur Rodez pour la reprise de ses entrainements de handball… C’est un peu triste, mais comme il nous l’a dit sagement « c’est votre aventure cette fois, alors profitez-en pleinement ! ».
La mise en place logistique est un peu fastidieuse : trouver les solutions pour monter les vélos et parquer la voiture au point d’arrivée, réserver des logements à la nuitée à tarif raisonnable en haute-saison, le challenge me tendait les bras encore une fois !
Après notre expérience difficile de retour en train avec les vélos en 2020 depuis Sète (impossible de monter dans les trains avec nos 5 vélos malgré les réservations tant les wagons étaient bondés!), on n’avait pas trop envie de revivre l’expérience du train avec les vélos.
On a donc réfléchi à une autre solution : Pierre est monté en voiture déposer nos vélos chez Céline, sa collègue et amis rétaise, qui possède une maison de famille à Loix, tout près des Portes, notre fief des vacances de Pâques. Puis il a fait la route jusqu’au pays Basque pour aller garer la voiture à Urrugne, notre étape finale : nous avons, grâce à des échanges avec la Police municipale, trouvé un parking gratuit où garer la voiture pour les douze jours de voyage.
Et nous avons donc rejoint l’île de Ré en train et bus, une sacrée épopée grâce aux retards cumulés de la SNCF : ça nous aura valu un remboursement du prix des 3/4 des billets, une opération pas si mauvaise au final !
L’arrivée sur Loix est magique : cette lumière californienne de fin de journée est fantastique, les murets blancs, les roses trémières, la tranquillité du village, et la convivialité de Céline et Gael qui nous accueillent si chaleureusement dans leur maison du bonheur …
Petit tour sur la plage pour aller saluer le soleil qui baisse, la canicule de l’été est tout juste derrière nous, que ça fait du bien cet air frais qui fouette les visages !
Et le lendemain, après un chouette petit déjeuner à la fraiche, nous voilà partis pour notre première étape : Loix-Châtellaillon-plage, pour 45 kilomètres !
La traversée de l’ile de Ré est un peu fastidieuse car les pistes cyclables sont bondées : en connaisseurs de l’île au printemps, nous ne sommes pas des habitués de la fréquentation estivale, il faut donc être prudent et super attentif pour ne pas risquer d’accident…
On croise un gars en gilet jaune et chapeau rigolo qui fait de la prévention avec un haut parleur en mode humoristique, il salue au passage notre équipement, loin de la légèreté des vacanciers de l’île en short/jupette et sandales !! Une super initiative de la part de l’île je trouve !
Nous sommes frappés par la sécheresse des paysages, c’est la première fois que je découvre Ré aussi désolée… Il faut dire que cet été caniculaire 2026 restera marqué dans les annales, et on comprend ces terribles incendies des Landes…
Au bout de deux petites heures nous arrivons à Rivedoux pour le pique-nique, puis on attaque la sortie de l’île par le Pont, notre plus gros dénivelé de la journée !
On traverse ensuite les quartiers portuaires avant d’accéder au centre-ville de la Rochelle, très animé ! Passage à l’office du tourisme pour vérifier les tracés, c’est ici que commence pour nous officiellement la Vélodyssée, qui prend naissance en Bretagne Nord à Roscoff (c’est presque là que nous avions terminé notre parcours breton de 2021!) pour terminer au sud à Hendaye, sur 1300 kilomètres. Nous nous contenterons d’un bon 500 kilomètres !
La portion qui fait suite à la Rochelle longe l’océan qui s’est retiré bien loin sur cette grande marée d’après-midi, et voilà que se dévoile un littoral ponctué de cabanes à carrelet, c’est très esthétique.
La lumière se magnifie avec la journée qui avance, on traverse des zones sauvages et bien esseulées avant d’arriver sur Châtelaillon-plage, notre première escale.
Réservation faite à l’hôtel L’Atelier des Cousins, très bien placé sur la grève face à la plage, juste à côté de la sublime villa Stella-Maris, pour une chambre familiale à tarif très raisonnable.
On troque nos tenues de cyclistes pour une tenue plus vacancière, et nous voilà partis en quête d’une bonne glace sur le sable, notre motivation pour nous faire avancer !
On découvre une petite station balnéaire très agréable, marquée par l’histoire de la naissance du tourisme balnéaire du début du siècle, avec ses très jolies villas de la Belle Epoque.
Grâce à Terra Aventura, une série de chasses au trésor téléchargeables en ligne gratuitement, on apprend plein de choses sur la genèse de la station et sur ses plus beaux bâtiments, avec à la clé un petit trésor à trouver !
Ce sont tout de même trois à quatre kilomètres de plus à pieds à notre actif, et la pizza à déguster sur la plage face au coucher du soleil est amplement méritée. On fait même un petit tour sur la fête foraine locale pour faire plaisir à Zoé qui l’a largement mérité ! J’avoue que j’ai les cuisses qui tirent un peu ce soir, on gagne notre lit avec bonheur !
Le lendemain, on attaque la plus grosse étape de notre voyage : 67 kilomètres pour rejoindre Les Mathes. Nous sommes tributaires des logements que nous avons pu trouver : pour quatre et à bas tarif, en s’y prenant en juin, les choix n’étaient pas immenses, ce qui explique parfois des étapes en distances inégales !
Après un petit déjeuner sur les rochers, dans le calme absolu d’une plage encore vide, face à l’ile d’Aix, on enfourche nos petites reines bien chargées !
On quitte progressivement la station, le littoral poursuit sa route entre sable, rochers, et cabanes à carrelet, j’adore.
Puis c’est un circuit très rural qui s’offre à nous, en sillonnant les champs de maïs puis les marais d’Yves: première chute pour Zoé, qui n’a pas anticipé un freinage intempestif de Pierre auquel elle était liée par le track, cet ingénieux système élastique qui permet d’aider une âme qui peine un peu… Le système est particulièrement génial pour les longues lignes droites de solitude, mais on se l’interdit en cas de trafic cycliste ou de piste trop chaotique car il requiert une attention soutenue de la part de celui qui est tracté.
On traverse Rochefort assez facilement par un astucieux système de piste cyclable qui contourne la ville, et on s’arrête dans le village suivant pour une pause pique-nique de bord de route : merci à toutes ces petites boulangeries de France d’exister pour toujours nous fournir un sandwich de dernière minute !
La route se poursuit en direction de Marennes d’Oléron, la star ostréicole !
On longe pendant de longs kilomètres le canal qui mène de la Charente à la Seudre, dans une superbe piste, qui n’est pas sans nous rappeler nos kilomètres le long du Canal du Midi, où les pistes étaient beaucoup plus chaotiques mais où ces paysages de constructions éclusières nous rappellent le génie de Riquet.
Les cigales chantent, il fait chaud, ambiance « La Gloire de mon père », mais plein ouest !
Nous voilà de nouveau à serpenter entre les marais qui sont ici gorgés de cygnes, dont certains n’aiment pas du tout qu’on les approche !! (pour la première fois de ma vie, je me fais siffler par un cygne !) : les paysages sont très sauvages, par endroits on se croirait dans les plaines de l’Ouest américain ! Mais le vent forcit, le coup de pédale est plus difficile, on a dépassé les 30 kilomètres depuis le départ et la dernière partie de campagne qui nous sépare de Marennes nous semble interminable.
C’est avec bonheur que l’on pénètre dans le village tout blanc, si paisible, c’est l’heure de la sieste semble-t-il…
On se pose sur la placette centrale, à côté des halles, pour savourer des boissons fraîches et des glaces, les corps réclament un temps de récupération !
J’en profite pour filer à l’office du tourisme où je récupère deux informations bien intéressantes : on peut monter au clocher de l’église St Pierre de Sales, qui servait autrefois de phare dans la campagne pour les navires en approche, et on peut traverser la Seudre grâce au bateau-passeur, sur une plate ostréicole aménagée, voilà qui devrait nous aider à gagner quelques kilomètres !
Seule Zoé est motivée pour m’accompagner en haut du clocher : 55 mètres de hauteur, 289 marches, décidément on en fait baver à nos mollets…
On aperçoit au loin la mer, la Seudre, le pont de la Seudre qu’on n’aura donc pas à franchir (un pont ici c’est toujours une grande montée et une grande descente!).
Nous voilà repartis à travers les marais ostréicoles de Marennes, très sauvages eux aussi.
Arrivés au port de la Cayenne, on appelle le bateau-passeur, on laisse un message, et le voilà qui arrive une quinzaine de minutes plus tard avec des cyclistes à son bord qui traversent dans l’autre sens.
Je trouve le concept génial, voilà le genre d’expérience qui me met en joie : une belle idée, un billet pas cher (3 euros) et la sensation de vivre un petit quelque chose qu’on ne trouve nulle part ailleurs, tout en valorisant le patrimoine, c’est vraiment top.
De l’autre côté, nous débarquons sur le port de la Tremblade, en longeant ses cabanes à huitres colorées.
Je dois dire que je ne connaissais pas du tout ce bout de Charentes et je lui trouve un charme fou, épatée de l’authenticité et du sauvage qui s’en dégage.
Encore un peu d’effort, et nous arrivons progressivement sur les Mathes, où une chambre familiale nous attend dans un centre équestre : quelle épopée ! Quelle fierté !
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