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La Vélodyssée en famille : bienvenue en Gironde !

  • il y a 2 jours
  • 5 min de lecture

Jour 3 et 4 : Les Mathes => Soulac-sur-mer => Hourtin

85 kilomètres







C’est une étape théoriquement plus clémente qui nous attend pour gagner la Gironde en ce troisième jour de voyage : 32 kilomètres seulement, et un estuaire à franchir avec le bac depuis Royan, on se dit que le parcours va être plus tranquille.


Mais c’est sans compter les dénivelés inattendus de cette dernière portion de Charentes Maritimes qui nous mènent à St Palais sur Mer puis Royan !


On quitte la longue route de la Palmyre et sa fréquentation touristique pour une piste surprenante de la Vélodyssée qui ondule entre les pins derrière les dunes, et nous offre des montées et descentes en toboggan : ludique mais physique !!


On rejoint alors le littoral charentais en bordure d’estuaire, dans des bleus sublimes où s’égrènent les cabanes à carrelet toujours aussi distinguées, perchées sur leurs échasses et étendant leurs filets suspendus au dessus de l’eau.


Le dénivelé continue d’être joueur entre St Palais et sa jolie plage de centre ville, puis Royan et son superbe littoral : les petites tentes de plages rayées bleues et blancs et les cabanes à carrelet partout dispersées lui donnent un charme désuet auquel je n’étais pas préparée.



On voit au loin le bac qui part toutes les heures, on accélère le coup de pédale en espérant arriver à temps, mais on le voit quitter le quai à notre barbe, c’est rageant !


L’attente n’est finalement pas si longue, on embarque rapidement sur le prochain navire, et on patiente tranquillement au soleil en attendant le nouveau départ.


On fait une chouette découverte : des chips à la truffe d’été, production 100% locale fabriquée à Hourtin, parfait pour cette mise en bouche alors que l’après-midi a débuté et qu’on n’a toujours pas mangé.


La traversée est splendide sous le soleil, les bleus sont assez incroyables, je crois que personne n’aurait parié de tels couleurs ici !



L’arrivée à Verdon de l’autre côté est très sauvage et change du tout au tout avec le littoral très construit de Royan.

On tente d’aller faire un tour au « Vieux Port aux Huîtres » de Verdon, espérant y trouver une petite guinguette pour nos estomacs affamés, mais la déception est immense : toutes les cabanes cont fermées, l’animation ne commence qu’en fin de journée ! Pas un chat, et des airs de villes fantômes abandonnées comme dans le Far West !



On se fait une raison, on passera directement au goûter à l’arrivée sur Soulac !

Mais la piste est encore longue, elle longe une voie ferrée croquignolette, toute ensablée derrière les dunes, c’est vraiment chouette à vivre malgré la fatigue qui commence sérieusement à nous emprisonner les muscles.


On fait une longue pause dans les dunes pour voir les piscines de Verdon sur mer, des piscines presque naturelles sur la plage, résultat d’efforts déployés depuis le XIXe siècle pour contenir les assauts de l’océan Atlantique, digues massives protégeant la pointe du Médoc des intrusions maritimes.

Aujourd’hui lieux de baignade très agréables pour les familles qui y barbotent protégées des courants et des vagues, elles ont joué un rôle crucial au cours des deux grandes guerres mondiales, servant de site stratégique pour des installations militaires.

C’est ainsi qu’elles se trouvent être surmontées, dans les dunes qui les surplombent, par une série de bunkers appelés la batterie des Arros.

Devenues oeuvre d’art du graffiti, on peut les explorer librement, et se sentir projetés tout à la fois dans les tragiques bombardements de 39-45 comme dans la peau des artistes urbex, dans le vent côtier, et face au bleu de l’océan.

Au moment de remonter en selle, Pierre constate que son pneu est crevé : en grand habitué, il a tout sous la main, et hop, en moins de deux, la chambre à air est changée !



Derniers kilomètres et l’on pénètre enfin Soulac-sur-mer, une découverte coup de coeur !

Avec sa rue centrale très animée dans laquelle j’avais trouvé un petit hôtel à la note passable mais au tarif défiant toute concurrence (moins de 100 euros la familiale pour quatre avec deux chambres séparées !), et ses ruelles débordant de petites villas basses du début du XXe siècle aux charpentes et aux lambrequins colorés, nous voilà conquis !!!


S’y promener en délectant une glace dégoulinante est un plaisir pour les yeux et nous rappellent certains villages de la Réunion avec leurs cases créoles si gaies.

On se lâche côté shopping, on s’offre un bon resto, voilà une soirée réussie en récompense des efforts de la journée !


Et la nuit d’hôtel s’avèrera de qualité, bercés par la brise fraîche de la fenêtre grande ouverte : il est bon parfois de passer outre les mauvais commentaires …




Le lendemain, après un petit déjeuner sur un banc du village qui se réveille progressivement (les touristes sont déjà tous dans les queues des boulangeries!), on enfourche nos fidèles destriers pour continuer la route vers le Sud en direction de Hourtin. Une bonne cinquantaine de kilomètres nous attendent.


Aujourd’hui, pas de dénivelé ou si peu !

Une très longue piste droite qui évolue entre dunes et forêt, on fait le plein d’odeurs de pin, que c’est bon !

Seuls par endroits, j’ai des souvenirs de traces de notre road-trip en Australie qui me remontent en tête, sauf qu’on est ici en France, et à vélo !



On roule bien, les kilomètres filent à bonne allure, et on gagne Montalivet pour un savoureux pique-nique sous les pins.

On trouve une table où des farceurs ont écrit « Zozo love you », tellement drôle pour notre Zoé !

La pause est longue, pour un peu on se laisserait aller à la sieste, mais des réglages sont à faire pour les plateaux des vitesses qui ont du mal à passer en raison du poids des bagages …



La route reprend, la piste est toujours droite, cernée de sable, de forêts, de dunes… c’est presque monotone mais tellement jouissif de voir qu’on défie notre chrono !


L’arrivée sur le lac de Hourtin est plus difficile, on traverse la forêt domaniale est ici … une colline !!!

J’en bave un peu car mon vélo aujourd’hui ne veut pas passer sur le petit plateau, je dois régulièrement poser le pied et finir les grimpettes à côté du vélo.


Le ciel s’est couvert depuis ce midi mais la pluie se retient, c’est salvateur pour ces longues portions droites à découvert, et je me prête à rêver d’un thé avec du chocolat noir pour le goûter !


Après une petite portion désagréable sur une départementale fréquentée qui nous rappelle combien est mieux sur la Vélodyssée, nous franchissons les portes de Hourtin bourg : le temps de quelques courses à l’épicerie centrale, on prend possession de « la petite Maison », une location à la nuitée en toute autonomie, ça fait du bien de retrouver un peu d’intimité et un dîner en toute simplicité. Cinquante trois kilomètres, qui nous ont semblé presque plus facile que les trente de la veille!

Ce soir aucune douleur musculaire : ce serait ça l’adaptation à l’effort ??



 
 
 

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