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La boucle du Pic des Trois Seigneurs : quand l'Ariège n'en finit pas de nous épater

il y a 16 minutes
5 min de lecture



Un mois de septembre qui a filé à cent à l'heure, des gardes éprouvantes, des semaines très (trop ?) chargées, l'automne est arrivé, et avec un immense besoin de reprendre ma respiration.

C'est encore l'Ariège qui nous appelle.

L'idée initiale était celle de récidiver notre bivouac de mi-septembre, mais les températures nocturnes ont bien chuté, alors on s'est dit que les corps se reposeraient mieux dans un vrai lit!

J'ai réservé au dernier moment une cabane toute équipée dans le Couserans, à une vingtaine de minutes de St Girons, avec son bain nordique face aux montagnes embrumées : le domaine du Valier allait être notre cocon parfait pour nous ressourcer.

Les garçons sont restés sur Toulouse et Rodez pour leurs sacro-saints matchs de handball, c'est donc avec notre dernière que nous nous autorisons cette nouvelle échappée.

Bain chaud dans la nuit, jeu de société, feu dans le poêle, la douceur des montagnes nous enveloppe, et le bain est encore tout chaud au réveil le matin : parfait pour le petit déjeuner



J'ai longtemps hésité pour choisir la randonnée qui sublimerait ce week-end de récupération : la boucle du Pic des Trois Seigneurs est un grand classique du secteur, jamais faite encore en entier (nous étions montés il y a quelques années avec les enfants sur l'étang d'Arbu qui fait partie du tracé), mais c'est une rando engagée de 11 kilomètres pour 900 mètres de dénivelé, de longue durée, notée difficile, qui exige une météo irréprochable.

L'autre option, une idée donnée par notre hébergeur, serait de gagner l'étang de la Réglisse, en aller-retour : 7 km pour 700 mètres de dénivelé, elle semble plus courte, mais le point de départ nous demande plus d'une heure de route. Le nom délicieux de l'endroit n'a pas fini de titiller ma curiosité, mais ce sera pour une prochaine fois : allez, on va la gagner cette boucle du Pic des Trois Seigneurs !


Nous avons débuté la rando au pied du Port de Lers : on peut l'initier dans l'autre sens, en montant vers l'étang d'Arbu, mais on nous conseille d'attaquer par le fort dénivelé pour profiter ensuite de la progression sur les crêtes. Quatre cents mètres de dénivelé pour les six cents premiers mètres, ça monte dur ! La vue dans notre dos est magnifique, les nuages forment un plafond ténébreux sur les sommets, on supporte bonnet et coupe-vent. En quarante minutes nous voilà parvenus sur un premier sommet à 2000 mètres d'altitude, une colline herbeuse battue par les vents, où le chemin part sur la gauche en direction des crêtes : face à nous, le Pic des Trois Seigneurs trempe encore dans les nuages.



La deuxième partie du parcours longe les crêtes, avec quelques passages un peu périlleux où il faut mettre les mains, monter et descendre les hautes pierres qui entravent le chemin.

Nous passons le pic de la Fontanette (2002 mètres), puis celui de Barres (2043 mètres).

Plusieurs rapaces nous survolent, se laissant planer dans les courants montants : serait-ce des gypaètes barbus, les stars des Pyrénées Ariégeoises ?

Le sentier évolue ainsi pendant encore une heure quarante cinq sur les hauteurs, pour des panoramas sublimes circulaires, en dominant les contrefonds herbeux et humides qui se dévoilent à nos pieds, comme un cirque naturel terriblement sauvage.



On trouve un spot parfait pour le pique-nique au pied du Pic des Trois Seigneurs, le soleil est de plus en plus présent, on salue l'effort déjà accompli et le courage de Pierre et Zoé facilement sujets au vertige.

On décide de ne pas monter au pic, ça semble abrupt et en aller-retour, on profite déjà suffisamment des vues depuis notre niveau, et la randonnée est encore loin d'être terminée, nous n'avons pas encore atteint la moitié du parcours !



C'est ici que commence une sacrée descente, bien verticale, qui demande concentration et précaution, avec de nombreux passages où il faut poser les bâtons, s'aider des mains et des fesses pour franchir les chaos granitiques bien glissants : il nous faudra une heure et demi supplémentaire pour gagner enfin l'étang d'Arbu, dans ce décor majestueux digne des plus beaux films fantastiques : le Seigneur des Anneaux n'est jamais très loin en Ariège!



On se pose au soleil : thé, chocolat, pomme à croquer, on savoure l'endroit et ce nouvel effort en descente particulièrement engageant !

Voilà le genre d'endroits où je pourrais rester des heures à paresser dans la chaleur de l'après-midi...



Mais ce n'est pas fini ! Voilà qu'on arrive sur le versant qui était dominé par l'étang, tel une piscine à débordement. La première portion est encore bien raide, entre pentes herbeuses et petites barres rocheuses. Voilà enfin "l'abri des Trois Seigneurs", un orri traditionnel en pierres, qui doit être parfait en cas d'orage... C'est beau, c'est brut, c'est tout ce que j'aime !



On suit le chemin qui descend ineroxablement vers les profondeurs de la vallée, et voilà qu'un troupeau de vaches se dresse fièrement sur son promontoire : mais comment ont-elles réussi à gagner cet endroit suspendu ???



La descente se poursuit et la végétation foisonne enfin : les couleurs réapparaissent, ça cascade et ça fougère dans tous les sens, la diversité de paysages offerte par cette boucle est remarquable.

On longe un ruisseau, on croise des ânes, on atteint les sous-bois, puis la route, avant d'attaquer une dernière montée dans les prairies. Un panneau nous rappelle que nous évoluons sur les territoires des ours, je crois que je rêverais d'en apercevoir un spécimen un jour, si près de notre chez-nous.

La lumière de fin d'après-midi est magnifique, on arrive gavés de bonheur à la voiture: quels paysages encore offerts par cette sublime Ariège !

Sept heures d'efforts et de contemplation, on va la mériter cette petite coupe de Champagne dans le bain nordique du soir ! NB : Champagne acheté à l'épicerie de Massat, un village, que dire ? une légende de l'Ariège !!!!



Le lendemain, nous avons trainé dans le chalet avant de gagner le col de la Core, puis le lac de Bethmale et ses jolis reflets de bleus.



Le village de Balaguères nous a réservé une jolie surprise : la Guinguette de la Laine, un resto-salon de thé autour du tissage de la laine, le long de son ruisseau, avec ses plats tout frais savoureux, et son Chaï Massala si bien maitrisé !



Dernier arrêt à St Girons à l'atelier artistique de Millie, pour admirer son univers fait d'un bestiaire gourmand et malicieux : bonnes idées pour des stages de modelage au coeur de l'hiver !

Et voilà, le contrat est rempli : souffler, respirer, ralentir, se gorger des montagnes.

Me voilà prête à repartir en garde demain !



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