Cap Ferret : une balade aux airs d'inaccessible épopée ...!
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Lège-Cap-Ferret => La Teste de Buch via la traversée du Bassin
40 kilomètres





Des belles choses, on va vous en montrer en cette septième journée de vélo.
Mais celle-ci fut aussi celle de nos galères techniques !
Nous avons dit au-revoir à Chacha, après avoir pris le temps de réinstaller le matériel sur les vélos : Pierre s’était fait livrer une nouvelle poche de camel-back: et bien elle fuit, inutilisable…
On reprend donc la route, avec pour projet de descendre la presqu’île du Cap Ferret et de traverser le bassin d’Arcachon en bateau, les billets sont réservés pour être sûrs d’avoir une place avec nos vélos. C’est la Teste de Buch, en face, qu’on doit rejoindre ce soir : 38 kilomètres annoncés…
La piste cyclable est assez chargée en ce dimanche matin, et la trafic routier à côté ne désemplit pas, la chaleur est déjà bien installée, il va falloir s’accrocher !
Félix est de mauvaise humeur, il ne retrouve pas les sensations qu’il appréciait la veille sans les bagages… c’était bon de se déplacer sans les lourdes sacoches !
On cherche d’abord à gagner le village de l’Herbe, dont Soizic et Nico nous ont parlé des étoiles plein les yeux : puisqu’on veut toujours rester sur des pistes cyclables mais que les pistes de la forêt restent interdites à la circulation en raison du risque incendies, on se fait quelques détours…
Voilà bientôt un marché aux vêtements, on se fait une petite pause, Pierre trouve un t-shirt sympa, pour le reste, les prix affichent le message : ici on est sur la presqu’île, c’est plus chic qu’à Lège! Mais au moins ça nous empêche de craquer !!
On se farcit alors quelques dénivelés au milieu des jolies villas cachées, on se trompe deux ou trois fois de directions, la zone n’est constituée que d’impasses qui semblent impossibles à traverser … et voilà que Félix crève ! Notez que moi aussi je ne fais pas la maligne, mon pneu arrière a lui aussi crevé la veille au retour du resto, Pierre y a mis un de la mousse anti-crevaison, il faut maintenant attendre que le pneu re dégonfle de lui même pour envisager de changer la chambre à air…
On laisse donc Pierre et Félix agir sur la réparation et je tente avec Zoé de trouver la chapelle de la Villa Algérienne, promesse d’exostisme…
Quelques erreurs plus tard, on finit par trouver un chemin dérobé sous les pins, entre les habitations et nous voilà sur le bord du bassin, c’est sublime !
Voilà que les garçons nous rejoignent aussi : il est plus de 13 heures, et la chapelle se dévoile dans un style mauresque superbe : un peu anachronique dans ce décor océanique, elle nous transporte immédiatement sur les bords de la Méditerrannée, on y apprend que la Villa Algérienne à laquelle elle était accolée a été détruite en 1965…
On fait demi-tour et on pénètre aussitôt dans le village de l’Herbe : pied à terre, sous une chaleur écrasante, on découvre un microcosme terriblement craquant, et très dépaysant ! Ce village ostréicole n’est pour autant pas folklorique, il garde une authenticité charmante, d’autant qu’aujourd’hui c’est jour de fête au village et concours de pétanque, avec baraques à « huitres et cochonnailles », les spécialités du coin !
Malheureusement on arrive pile au moment de la pause des bénévoles et on n’aura droit à rien de salé pour le pique-nique, on se trouve un banc presque à l’ombre, et on déguste nos fruits un peu frustrés mais tellement contents de pouvoir un peu souffler…
L’Hôtel de la Plage dans son beige et rouge vintage me donne très envie de revenir au printemps pour goûter autrement à ce petit bout du Bassin dont je n’avais jamais entendu parler jusque là (honte à moi, c’est une sommité locale !).
Nous voilà repartis pour gagner le Cap Ferret dont j’aimerais revoir le phare avant d’atteindre l’embarcadère du Bélisaire. Notre bateau est réservé pour 16 heures, on devrait pouvoir y arriver.
Et bien les ennuis continuent ! Au bout de quelques kilomètres sous les pins, alors que nous pensions être bien lancés, la chaîne du VTT de Pierre se coince entre deux plateaux… Opération délicate, pleine d’agacement, il nous demande d’avancer sans lui et de refaire le point quand nous serons arrivés au phare. Si la chaîne casse, nous sommes fichus. Je cherche les plans possibles en cas de vélo inutilisable…
Alors que le phare n’est plus qu’à cinq minutes de pédales, il nous appelle : victoire, il a réussi à démonter les plateaux, la chaîne est libérée, saine et sauve… Le voyage continue !
Le sommet rouge du phare pointe son nez à l’horizon, je suis heureuse de revoir l’édifice des années après notre premier passage ici, quand nous étions arrivés sur le Sud-Ouest.
Juste le temps de quelques clichés, et il nous faut nous dépêcher de gagner l’embarcadère, il est 15h39, on est encore à plus de cinq minutes de la jetée !
Nous n’aurons pas le temps de connaître l’histoire singulière de la lentille de Fresnel, que Flora et Alan nous conteront fort heureusement le lendemain matin au petit déjeuner, venus de San Francisco pour un mois de vacances dans la région !
Une épopée incroyable pour cette invention technique de haute voltige, qui a traversé les siècles et surmonté une rocambolesque fresque de possession germanique au moment de la Seconde Guerre Mondiale, ayant échappé à un naufrage allemand, puis aux bombardements des alliés, bien cachée dans les entrailles d’une carrière locale par les Résistants !
Nous voilà sur la jetée, ouf, nous ne raterons pas le bateau : c’est avec surprise que nous découvrons une petite embarcation, où les vélos sont chargés manu militari sur le toit !
Vue splendide sur la Dune du Pyla qui nous toise en face, bleus superbes du Bassin …
L’arrivée sur la plage du Moulleau est très belle elle aussi mais totalement épique : les vélos sont déchargés sans grande précaution, et voilà que Pierre constate une porte-bagages dévissé … il faut tout décharger, retrouver un boulon, une vis, un tournevis, et s’y mettre… Zoé est épuisée de chaleur et s’allonge à même le béton du quai pour patienter ! Et alors que l’on pense être quitte de la réparation, Pierre constate maintenant que son dérailleur a été désaxé : mais va-t-on y arriver au bout de notre étape ???
Finalement, ça roule…
Une quinzaine de kilomètres nous séparent encore de notre arrivée, et je voudrais montrer aux enfants un endroit particulier que je connais depuis sa genèse : l’hôtel la Co(ô)rniche, au pied de la Dune du Pyla, décoré par Philippe Starck alors que mon frère travaillait à ses côtés ! Je me souviens des objets qu’il avait dessinés pour l’établissement, et à chaque passage près de la Dune, on y fait un petit pèlerinage, côté terrasse et salon de thé car les chambre sont totalement hors de notre portée …
Encore quelques rudes montées pour y accéder, je me mets à rêver devant toutes ces villas incroyables qui trônent sous les pins, mais voilà que mon pneu rend l’âme, Pierre me pousse pour les derniers mètres !
Pas de possibilité de mettre les vélos à l’abri, il va donc se sacrifier pour changer ma chambre à air pendant que j’emmène Félix et Zoé boire un verre sur la superbe terrasse avec vue…
« Tenue correcte exigée » : nous sommes en tenue de vélo, casques dans les mains, j’hésite un peu… C’est en toute décontraction feinte que nous pénétrons dans l’hôtel, les cyclistes rembourrés à l’entrejambe, dégoulinant de sueur, mais heureusement des équipes de rugby (connues apparemment) font suffisamment de bruit pour que nous nous sentions parfaitement intégrés au paysage !!!
La vue sur la Dune et sur le Bassin est superbe dans ce soleil descendant mais encore cuisant… les boissons fraîches sont régénérantes, le petit plateau de mignardises aussi !
On remonte en selle, et on s’attaque aux derniers dénivelés qui nous emmènent, cheveux au vent, vers notre hôtel, plus modeste mais tout neuf et vraiment sympa si on exclut la zone commerciale sans charme dans laquelle il siège . Quel sentiment de liberté dès qu’on prend de la vitesse dans ces grandes collines descendantes !! Finalement, on y est arrivé !
Quarante kilomètres tout ronds, et une bonne douche en ligne de mire, merci le Cap Ferret pour cette balade aux airs d’inaccessible épopée !
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