Bien arrivés sur le Bassin : un festival de cabanes !
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour
Hourtin => Lège-Cap-Ferret : 54 kilomètres, puis journée de repos sur le Bassin : 27 kilomètres !




Notre cinquième étape nous mène jusque Lège-Cap-Ferret, en 54 kilomètres à nouveau.
La matinée nous porte jusque Lacanau bourg, sur une piste mouillée par la pluie de la fin de nuit mais resplendissante sous le soleil.
On jouit ici d’un vrai bain de fougères, entre verts, ocres, orangés et forêts de pins à l’horizon.
On achète de quoi compléter le pique-nique en épicerie bio (pour une fois !) et on se pose au bord du lac de Lacanau pour manger, à l’ombre des pins et en bordure d'un parc pour enfants.
On sent que la région a souffert des incendies, non pas dans le paysage qui est ici encore préservé mais parce qu’on se sent seuls au monde !! Les touristes ont fui…
On profite donc de la paix des lieux. On s’offre même un petit café/thé dans la cabane qui jouxte le parc de jeux, le temps s’étire.
La portion de l’après-midi change du tout au tout : ce sont brusquement des horizons de désolation qui s’ouvrent à la vue.
On commence par voir que la couleur des sols a changé : plus de fougères mais un limon couleur cendres qui se mêle au sable, et les troncs deviennent noirs à perte de vue…
Par endroit il n’y a plus d’arbres, et c’est une étrange odeur de brulis et de résine de pin qui emplit l’atmosphère.
La solitude accentue cette sensation de catastrophe, des petits airs de fin du monde, que seul le chant des oiseaux vient bousculer.
On trace, on file, on veut retrouver une civilisation : voilà le village du Porge, puis une dizaine de kilomètres plus bas, on pénètre enfin dans Lège-Cap-Ferret.
C’est un village paisible qui s’ouvre à nous, comme sonné par la catastrophe des semaines passées, avec, de temps en temps et sortie d’on ne sait où, une maison brûlée, là, au milieu d’autres qui ont résisté. Quelle épreuve pour tous ces habitants évacués sans nouvelle de leurs biens pendant des jours et des jours…
La maison de Chacha où nous allons passer deux nuits a été bien heureusement épargnée même si sa propriétaire concède une grande fatigue .
C’est un personnage haut en couleur qui nous accueille ici, brute de décoffrage, mais aussitôt terriblement attachante : ses chambres sont raffinées, très confortables, l’endroit rêvé pour se poser…
Soizic et Nico nous rejoignent pour la fin de journée depuis Bordeaux et nous ont préparé un pique-nique de rois qu’on file déguster à Arès, au bord du bassin où l’eau s’est retirée en cette belle soirée d’été. Papotages, partages, rires, que c’est bon de retrouver les copains !
On sent qu’on va être bien, sur ce Bassin !
Le lendemain pour notre journée de pause (relative car il faut bien pédaler pour rejoindre nos endroits pépites!, 27 kilomètres au total !), c’est un festival de cabanes !
La Cabane de Chacha, déjà, mérite qu’on la cite encore une fois : on y était bien, tout simplement. Chacha qui reçoit sans chichi, « Comment tu vas ma chériiiiiiiie ??? », clope au bec, son chien Love absolument adorable, son parler franc du collier, et sa maison tout en bois superbe, avec ses chambres toutes douillettes et sa piscine très agréable… sans oublier le petit déjeuner si complet, un moment de plaisir intense pour marquer le repos!
Les Cabanes du village de Claouey ensuite, avec leurs portes colorées comme dans un tableau de Warhol, et La Cabane d’Edouard en particulier : mention spéciale pour sa vaisselle de brocante, sa vue géniale sur le Bassin, et ses huîtres à la mangue et au piment d’Espelette… De mon côté j’ai fait une folie, j’ai craqué pour de la queue de langouste, le seul fruit de mer qui a vraiment mes faveurs : voilà ce que ça donne cinq jours consécutifs de pique-niques, on devient avide des mets luxueux !!!
La Cabane du Bout à Arès, enfin : un endroit magique au coucher du soleil, face à l’immensité du sable de la marée basse. Savourer la lumière. Savourer les plats tous plus élaborés les uns que les autres. Savourer la brise du soir. Se sentir vraiment au bout du monde, en France. Rester ici pour la vie.
Et ce retour à la nuit tombée, à la lumière de la frontale et au son des grillons, dans la fraîcheur brusquement crue de la campagne : seuls au monde, sentiment de frissons dans l’obscurité qui monte, sensations grisantes du vent sur le visage, ou comment vivre une vraie aventure avec des petites choses toutes simples !
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