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Une virée vintage en Camargue

  • il y a 1 jour
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 12 heures






Vingt-quatre heures en Camargue, une étape dans notre long week-end de l’Ascension du mois de mai.

Lorsque Basile était tout petit, nous avions découvert une merveilleuse chambre d’hôtes à St Martin de Crau, La Laure, accueillis les bras ouverts par Françoise et Norbert.

Nous avions alors profité de la piscine, du grand parc à l’ombre des platanes, mais de la Camargue nous n’avions rien vu!


Il était temps d’y faire une courte halte, et la curiosité de découvrir le motel « les Cabanettes » constituait une opportunité idéale!


Après une première nuit à Montpellier pour couper la route, à l’hôtel Jost, un établissement récent, plutôt bien "pimpé", au tarif raisonnable pour une chambre familiale sympa sur le thème des Daft Punk (chaque chambre a son groupe ou son chanteur, l’hôtel est une mine d’or du monde du vinyle), nous avons commencé la journée par un brunch succulent pour fêter les 11 ans de Zoé.



Le jour de sa naissance, avec un gros mois d’avance, notre poulette avait bousculé nos vies, une habitude chez nos enfants pour qui une arrivée au monde sans un passage plus ou moins long par la réanimation néonatale n’était pas digne de ce nom! C’était aussi un Jeudi de l’Ascension, je voulais donc marquer le coup !

« Tartine et sac à dos » semblait l’endroit parfait pour l’état d’esprit de la famille, et on s’est régalés.

Bref passage par la Place de la Comédie, et hop, en route pour la Camargue!




J’ai eu personnellement un petit coup de coeur pour Arles, où nous nous sommes arrêtés en ce début d’après-midi : une petite ville provençale aux couleurs pastels, résolument grunge et rock, où l’art romain côtoie au quotidien l’art contemporain.


Nous avons arpenté ses ruelles, respiré avec bonheur l’air empli du jasmin qui grimpe partout sur les murs, dévalisé les librairies, chiné dans les petites boutiques de déco et de bijoux (allez voir « Moustique », un concept store très réussi aux symboles de la région).




L’arrivée dans l’après-midi aux Cabanettes est pour le moins étonnante.


Ce motel, construit au bord de la Départementale 572 dans les années 60, est un petit bijou d’architecture vintage, resté dans la famille des premiers propriétaires jusqu’en 2019 où un jeune couple franco-américain fait le pari (fou!) de le reprendre, en le laissant dans son jus.

Il fallait oser ne toucher à rien (en apparence, car Aaron nous a expliqué qu’il s’arrache les cheveux avec la plomberie et l’électricité!) et cibler un public avisé qui ne verrait pas dans cette pépite un bâtiment décrépi et démodé, mais bien un trésor de l’architecture du XXe siècle.


De ci de là, quelques éléments de déco viennent lui ajouter une touche US, on se verrait bientôt sur la N66!


Mais c’est surtout le patrimoine de nos parents et grands-parents qu’on savoure ici avec bonheur: l’odeur de la moquette usée, les lourds rideaux à rayures, les draps en coton et couvres lits si 70’s plutôt que les grosses couettes incontournables de nos nuits actuelles, le bidet dans la salle de bain, et les petits carreaux de la baignoire dont la robinetterie nous fait le miracle de toujours fonctionner …

On ferme les yeux et on voit tout de suite les Renault 30 blindées sur la route des vacances, les lunettes fumées de Mamie quand elle était encore une belle plante entourée d’enfants agités, les vinyles dans les chambre d’ado et « Ma Sorcière Bien Aimée » sur le poste de télé.


Qui apprécie le design et l’architecture (merci à mon frérot de m’y avoir éveillée) ne peut que tomber en admiration devant le génie de Armand Pellier, son concepteur.

Construit en demi-cercle en système de double-couloir, il permet à chaque chambre d’avoir une terrasse sans vis-à-vis sur ses voisins, donnant sur un patio à ciel ouvert où gravillons et plantes cactées transportent en Méditerranée.


L’ombre et la lumière jouent ici à cache-cache, le mobilier est resté d’époque, et je constate avec plaisir qu’on laissait alors une place belle à l’espace : quelle chambre que la numéro 29, tout au bout de l’arc de cercle! Cette sensation étonnante de marche interminable, un petit côté labyrinthique, et puis nous y voilà, un cocon spacieux où les lits des enfants sont ingénieusement positionnés en tête bêche le long du mur, des tables de nuit cubiques qui hébergent encore une radio vintage qu’on est tenté de manipuler…



Ce qui surprend aussi, c’est le calme. 

Peut-être sommes-nous encore un peu en hors-saison, mais nous nous sommes sentis quasiment seuls ici, alors que nous avons finalement croisé plusieurs tablées au petit déjeuner.

L’accueil est volontairement discret, Gaelle et Aaron gèrent tout seuls, en plus de leur petite famille, et nous laissent une grande liberté dans la prise de possession des lieux : la chambre est ouverte!

Si cet aspect peut bousculer certains esprits routiniers, pour nous c’est comme un petit voyage dans le temps : retourner vraiment chez les grands-parents, se sentir vite chez soi, mais y apprécier aussi une décoration pensée pour marier le contemporain d’alors et les traditions de la Camargue. Ici des chaises en olivier, aux assises de cordes tendues ou couvertes de peau de taureau, là des éléments muraux en fer forgé pour rappeler l’artisanat équestre de la région.


On apprécie la grande salle de restauration, toute en baies vitrées donnant sur la piscine ovale, la bande-son du petit déjeuner qui nous transporte dans les années 70 et 80 aux Etats-Unis, le café comme dans les « diners » , et le petit déjeuner maison succulent (cette confiture et ces madeleines tout juste sorties du four nous laissent encore un souvenir ému!).



Les murs de pierre sont habillés d’une petite expo photo en argentique (un artiste français qui a traversé le Midwest américain au cours de l’hiver 2024, dans le froid et la neige!), « les Cabanettes » scintillent en lampe néon orangée derrière le comptoir.

On a été touchés.

On reviendra.

Rendez-vous est déjà pris pour le week-end de début septembre où se tiendront encore les Rencontres de la photographie d’Arles, ce célèbre festival international créé en 1970 : une belle réponse en miroir à l’ambiance qu’on vient de ressentir ici!



La Camargue ne nous a pas offert que cette petite pépite dans son jus.


Le parc ornithologique du Pont de Gau nous a servi une très belle balade de fin de journée pour admirer les flamands roses et une multitude d’autres espèces nous survolant de ci de là.

L’astuce est d’entrer juste avant la fermeture de la billetterie à 18 heures, et de profiter en toute quiétude de la fin du jour puisque la sortie est libre. On savoure ainsi les belles lumières du soir, avec très peu de monde sur les sentiers, nous avons marché près de deux heures dans ces territoires sauvages où le silence de la nature n’est perturbé que par le croassement des flamands, leurs envolées en escadrons, et le vent dans les hautes herbes.




Un petit passage aux Bains du Gardian nous a permis d’aller caresser les chevaux camarguais, mais notre manque d’anticipation nous aura empêché d’avoir accès à une promenade équestre dans les marais ; les taureaux paissent gentiment dans les prés, pas du tout menaçants comme on pourrait les imaginer ! (il faut dire qu’ici ils terminent en saucisson ou en gardiane..)




Nous avons passé la soirée dans le vent froid des Saintes Maries de la Mer!

Alors que la campagne nous avait semblé bien vide toute la journée, voilà que les resto sont bondés et que nous arpentons pendant près d’une heure les rues à la recherche d’une bonne table pour nous accueillir.

Nous terminons un peu dépités dans un établissement sans charme, qui nous fait la surprise d’un repas délicieux, servi avec le sourire, (ce riz de Camargue avec mon gratin de lotte aux poireaux est délicieusement parfumé, première bouillabaisse pour Pierre qui s’est régalé) et Zoé a droit à son cortège d’anniversaire par tout le personnel des cuisines !




Un footing matinal dans les rizières, avec la frousse aux trousses : sommes-nous cernés de chasseurs pour que ça tire ainsi dans les airs de toutes parts ??? Voudrait-on nous canarder ??? Je suis heureusement vêtue de rose fluo, il faudrait vraiment le vouloir pour me canarder accidentellement ! C’est en fait un astucieux système de faux bruits pour faire fuir les oiseaux qui ne doivent pas en cette saison cruciale venir décimer les semences !


Pour finir, les Salins de Giraud nous ont épatés par leur beauté !

On peut monter sur un point de vue qui permet d’admirer les étendues rosées en contraste sublime avec le bleu du ciel et les nuages en escadrons poussés par le vent : irréel…

Et si l’on a un peu de jujeotte, on peut trouver un endroit où se garer et approcher au plus près le rose en cristallisation, je suis restée époustouflée par les couleurs de l’endroit, alors même qu’elles doivent être encore plus franches en plein coeur de l’été.





Flamands roses, chevaux, taureaux, sel : un petit goût de la Camargue bien appréhendé!


Il est temps de gagner notre prochaine étape, dans le parc national des Cévennes.

Cette échappée vintage en Camargue m’a piquée à vif, cette France malicieuse sait encore nous surprendre …

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