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Retour à New-York, 10 ans après !

  • il y a 3 jours
  • 5 min de lecture




On peut avoir la chance de découvrir New York en touristes, à arpenter du matin au soir cette jungle exaltante, les yeux qui pétillent et le sourire jusqu’aux oreilles. C’était l’expérience que nous en avions eue il y a presque dix ans, en amoureux.

Et puis il y a vivre New York.


Avoir l’immense privilège d’être accueillis chez des copains expatriés, installés ici depuis 18 mois dans leurs postes au Consulat de France et à l’ONU, logés au bord de la 5e avenue, à deux pas de Central Park.

Avoir les écureuils qui toquent à la fenêtre, aller à la boulangerie « à deux blocs », s’amuser des promeneurs de chiens qui arpentent les trottoirs en bas, fouler la moquette usée des escaliers, profiter au réveil de l’éclat du soleil dans les building d’en face.

C’est une échappée belle entre copines exceptionnelle que nous avons vécue là. 

La fine équipe est de retour: après Fès, Cadaques, Majorque et Tunis, nous laissons cette année nos aventures méditerranéennes pour un voyage outre-atlantique de cinq jours, une folie.

Myriam est là pour nous accueillir à JFK, elle a loué une voiture pour l’occasion, on aborde donc la ville par la route, comme plein de New-Yorkais, on a donc troqué le métro utilisé pour notre premier passage.


Une première chose nous frappe: l’odeur - à travers les carreaux - du cannabis.

Elle est partout dans New York, et nous assaille de sa présence dès nos premiers kilomètres sur le ruban d’asphalte qui plonge vers la mégalopole.

Légalisé en 2021 dans l’état de New York, une réalité s’impose : la consommation est très répandue.


On se perd un peu, on traverse des quartiers industriels bien abîmés, on longe des cimetières  ondulant au gré des collines, et on rit déjà de la bêtise qui nous prend dès qu’on est réunies!


Et puis finalement, on pénètre la ville, on avance entre les buildings, ceux qui touchent les nuages, on retrouve les taxis jaunes qui klaxonnent, les ambulances qui se faufilent toutes sirènes hurlantes, les volutes de vapeurs qui sortent des profondeurs du béton, les citernes sur les toits, et les passants qui passent, leur gobelet de mauvais café à la main!



On se dirige d’abord vers East Village, au sud de Manhattan, pour marquer directement le début de nos retrouvailles. J’emmène les filles dans le premier speakeasy découvert avec Pierre il y a 10 ans, le « Please don’t tell ». Vais-je le reconnaitre ? Il n’y a plus l’enseigne qui clignote en forme de Hot-dog avec écrit « Eat Me », mais je retrouve la vitrine du « Crif Dogs » franchement douteuse, les graffitis qui pourraient faire fuir. On pousse la porte, le vendeur de hot-dog est toujours là, quelques personnes au comptoir, ambiance rap. 

Mais la cabine téléphonique en bois est bien là, dans l’angle à gauche.

J’entre, je saisis le téléphone mural vintage orange, je compose le 1, et on attend.

Je crois que les copines ont du mal à croire ce qui va arriver.

Et puis une superbe serveuse ouvre le fond de la cabine, et bingo, comme on arrive tôt (il est 17h!), on a une table dispo pour nous cinq!

On pénètre instantanément dans un autre monde, celui de la Prohibition, avec ses murs de brique, sa pénombre chaleureuse, son éclairage à la bougie, sa musique lounge : ça y est, l’Echappée belle à New-York peut commencer !!! On réalise la chance d’être réunies ici !



Le décalage horaire commence à nous rattraper, il est temps de découvrir le « Home Sweet Home » de nos hôtes!


Nous voilà arrivées à Upper East Side, le quartier Est de Manhattan qui longe Central Park. Nous sommes hébergés - quel privilège!-, au bord de la 5e avenue, dans une rue de « papys millionnaires » comme disent les copains : tout est calme, propre, presque lisse, les portiers des hôtels particuliers ou des immeubles chics patientent sur les trottoirs dans leurs beaux habits d’apparat, les jeunes femmes déjà riches promènent leur chien.


On grimpe au quatrième et on découvre l’appartement si grand, si charmant, un brun désuet mais à l’emprunte encore marquée du luxe du passé New-yorkais. Belle pierre dans les salles de bain, douches sans pommeau comme partout aux Etats-Unis, petits carreaux au sol, belle hauteur sous plafond, moquette dans les escaliers. Tiens, une photo en noir et blanc de Gainsbourg dans sa baignoire, parfaitement accordée à l’esprit de la Grosse Pomme, comme un trait d’union entre la France et le Nouveau-Continent, à l’image des fonctions occupées ici par les amis qui nous reçoivent. La grande classe, tout en simplicité. Si frenchie finalement !!!



On défait les sacs, on se fait offrir un petit apéro au salon, les conversations tournent autour de cette vie trépidante de diplomates, dans un contexte américain totalement lunaire avec les frasques de Trump au pouvoir. L’Iran a été attaquée il y a quelques jours, l’ONU a encore du pain sur la planche…


Puis on part en quête d’un bon burger dans le quartier : la nuit est tombée, une petite bruine nous mouille, les feux de New-York passent au vert, au rouge, les taxis nous frôlent, les volutes de fumée sortent des trottoirs encore et toujours , et nous, on est totalement excitées de ce brutal changement de décor!


Le JG Melon, réputé le meilleur burger de la ville, est assez plein… Il faudrait attendre quarante-cinq minutes, mais notre jet-lag nous rend la tâche impossible, alors les copains dégainent une autre trouvaille toute proche, le « Luncheonette », esprit diner 50’s de NY, petites lampes de table, serveuse charmante, et cheese-burger dément. Ça y est les filles, NY, nous voilà!!!




Le lendemain matin, le réveil est très précoce puisque notre horloge interne est toujours réglée sur la France.

Un grand ciel bleu nous domine, les oiseaux chantent, Central Park nous appelle pour un footing matinal du week-end, comme tous les New-Yorkais sportifs du secteur.

Il y a beaucoup de monde : coureurs, cyclistes, promeneurs, promeneurs de chiens (que de chiens mon Dieu que de chiens !!!), mais l’espace est si immense ici qu’on ne se gêne pas.

On passe d’abord saluer Alice et ses Merveilles, une jolie statue de bronze, puis on serpente dans les allées du Sud du Parc. On gagne la mosaïque « Imagine » de John Lennon, toute proche de son lieu d’assassinat. Les chanteurs ne sont pas encore là, on s’offre une « pose yoga » rigolote, passer pour les décalées du coin est un délice ! 

Les lumières dans les buildings sont sublimes, le vert éclatant du gazon sorti de l’hiver contraste avec le bleu profond du ciel, je suis en extase, et je me perds régulièrement avec mes stop photos alors que les filles continuent de trottiner tranquillement !

La petite patinoire du Sud est charmante, de jeunes femmes l’ont déjà investie pour des figures gracieuses, on croise quelques écureuils craintifs, et puis le ventre crie famine et nous voilà de retour pour un brunch gargantuesque en grande famille : thé à l’orange à volonté, viennoiseries « à la française » achetées dans Central Park sur le retour, yaourt, fruits, et oeufs à la coque, nous voilà reçus comme des rois : « Merci Monsieur l’Ambassadeur » ;) !!!




 

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