top of page

Deuxième jour en radeau : lancés sur les flots... dans une réalité éprouvante!

  • il y a 1 jour
  • 4 min de lecture




Au matin de ce 2e jour d’aventure et de première vraie journée de navigation sur la Kläralven, on se lève vers 7h30 car on a compris que l’aventure ne serait pas de tout repos comme on aurait pu l’imaginer en rêvant devant les gentilles photos de jolie petite famille suédoise se la coulant douce sur ce superbe radeau. En effet on a pisté la météo et on sait que la pluie devrait arriver vers 9 heures, on veut donc replier les tentes tant qu’elles sont sèches.

Les moustiques attaquent de nouveau et nous aident à travailler vite pour un rangement rondement mené !


La première heure est assez tranquille, sous les nuages, consacrée au petit déjeuner et à la vaisselle (directement à l’eau de la rivière, sans chichi!).

Et voilà que comme c’était prévu, la pluie arrive, et le froid de l’humidité avec. C’est alors qu’on réalise qu’on n’est pas super bien équipés pour le froid : c’est qu’avec ces températures caniculaires à notre départ de Toulouse, on avait bien du mal à imaginer les 15 degrés suédois !!

Etre sur l’eau accentue la fraicheur, et nos polaires, pantalons et K-way sont à peine suffisants pour nous sentir confortables.


Alors que Pierre a naturellement pris la position de capitaine pour scruter les directions, et que Basile fait le mousse en avant, le reste de la troupe se pelotonne sous la tente et finit par sortir des sacs de couchage pour se protéger du froid, en regardant les gouttes consteller la surface de l’eau, et en espérant que nos couvertures de fortune ne prendront pas l’humidité pour la nuit suivante!

On rit malgré tout de la cocasserie de la situation, on se sent tels des migrants dérivant sur un canot de fortune, on ressent alors un peu de leur détresse, démultiplié par le danger de la haute-mer alors que notre rivière est très tranquille.

Basile nous fait écouter « la Tristitude » de Oldelaf qu’on adore, on est pliés de rire, on peut ajouter un paragraphe à la chanson : « la Tristiitude, c’est dériver volontairement sur un radeau alors qu’il pleut… » !!!

Tout le monde y va de son petit commentaire pour me charrier : « mais Maman, et dire que tu as payé pour ça alors qu’on a une maison gratuite (en échange) qui nous attend à Stockholm ??? ».

Jeanne nous joue des airs mélancoliques à la guitare, certains somnolent, on se fait un thé pour se réchauffer.



Et puis brutalement, on sort de notre torpeur : « banc de sable droit devant !!! » On rejoue Titanic et son iceberg, on fait tout pour l’éviter mais c’est trop tard, l’inertie de Djobi-Djoba demande plus d’anticipation, on se fait donc avoir comme des marins d’eau douce que nous sommes.

Coincés.

Bien coincés sur le banc de sable. Trois tonnes à pousser.

Pierre et Basile se mettent à l’eau et tentent à deux une première manoeuvre. Impossible, la bête bouge à peine.

Pierre décide, de rage, de monter dans le canoë pour aller repérer les fonds alentours et voir dans quelle direction il faut pousser le radeau, et voilà qu’il se retourne comme une crêpe alors qu’il enjambe le canoé : trempé ! On pouffe de rire intérieurement mais on ne peut rien exprimer car la tension est au maximum. 

Il faut se rendre à l’évidence, on va devoir tous se mettre à l’eau alors qu’on est déjà frigorifiés !!!

Allez, on enlève les pantalons et les chaussettes et nous voilà l’eau jusqu’aux genoux pour pousser comme des damnés : on hurle comme des fous, tels les joueurs d’une mêlée de rugby (Toulousains, ça nous connait !), et alors qu’on commence à sentir le monstre bouger, on se sent transcendés, on hurle plus fort encore, on se transforme en titans, on devient des fous, on ne ressent plus aucune douleur !!! Quelle victoire de voir notre radeau flotter à nouveau, il faut remonter rapidement car le courant l’emporte déjà on se serre les coudes pour tous se hisser sur la plateforme, et on hurle notre joie : ça y est, on est plongés dans Koh Lanta !!!


Et la colère initiale se transforme en fierté d’avoir su unir nos forces dans un même objectif : rien que pour cette sensation, l’épreuve valait le coup ! Assez dingue de vivre ça avec ses enfants !


Il est temps de s’octroyer un pique-nique, on se fait des nouilles chinoises au bouillon si réconfortant et peu à peu le soleil pointe son nez et la bonne humeur de tous avec !



L’après-midi est doux, rieur, on trouve même à accoster près d’un village car on rêve d’une boisson dans un café pour récompenser nos matelots.

Sensation de débarquer dans la campagne de La Petite Maison dans la Prairie, impression d’être des pirates qui viendraient conquérir un nouveau territoire, on progresse le long des fermes à la forme de celles de nos jouets d’enfants Fisher Price ! On découvre enfin ces villages en rouge et blanc, si mignons!

On trouve l’épicerie, on achète des appâts pour les garçons, on se refait une santé côté gourmandises (bananes et chocolat pour faire des papillotes le soir !), et on s’accorde une longue pause au chaud dans le café attenant alors qu’une pluie battante s’abat sur la campagne : malheur, dans un excès de confiance, on a laissé toutes nos affaires à l’air libre alors qu’elles étaient presque sèches sur les caisses ! A notre retour, tout est trempé, il va falloir tout recommencer !!!



On poursuit la navigation pour une petite heure supplémentaire, on fait très attention aux « points verts » sur la carte qui demandent une vigilance particulière, et on accoste pour la soirée sur le merveilleux site de campement de Munkebol : ici pas de moustiques, une herbe entretenue, un feu de camp qui fume encore pour nous, un abri pour le vent, des toilettes sèches, le tout dans une architecture de bois digne des plus beaux contes de trolls : le bonheur total !!! 

La soirée est heureuse, on se remémore la galère de la matinée sous la pluie, on est pliés de rire à revoir tous la magnifique chute de Pierre en canoë, lui aussi pleure de rire avec le recul.

On fait griller des chamallows, on profite de la lumière du soir, on mange nos bananes cuites en papillote engluées de chocolat noir.

On se lave les dents dans l’herbe, et on se couche épuisés.

Epuisés encore, mais heureux je crois.



Commentaires


bottom of page