Cirque de Cilaos: sensations fortes pour Funky Mamma !
- il y a 7 jours
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En ce quatrième jour, on se lève tôt pour gagner Cilaos, l’un des trois cirques de la Réunion.
Nous sommes attendus pour un canyoning à Bras Rouge, une grande première pour moi, avec les garçons!
La route est célèbre, on l’appelle la « route aux 400 virages » : ça grimpe et ça tourne, mais qu’est-ce que c’est beau dans le lever du jour!
Les falaises verdoyantes nous saluent au passage, c’est vertigineux, on traverse des villages des Hauts aux noms délicieux, comme le très évocateur « Petit Serré », ou l’interrogeant « Peter Both » !
L’arrivée sur Cilaos par le tunnel qui la domine, est spectaculaire : sur son promontoire, on se croirait sur les Hauts Plateaux des Andes, le Machu Picchu n’est pas loin!
Le soleil se lève progressivement par dessus les remparts naturels du cirque, c’est sublime.
On achète le petit déjeuner à la boulangerie Dambreville (ouh ces macatias coco-chocolat!!!), on se boit un thé du thermos, et hop, nous voilà auprès d’Alex, notre moniteur de canyoning, qui nous emmène vers Bras Rouge.
Pierre et Zoé partent de leur côté chercher le bassin Fouquet, et nous voilà, avec mes deux garçons, à attaquer la marche d’approche, bien raide, avec nos sacs et nos cordes sur le dos!
Alex, qui a étudié la SVT à la fac, nous fait un stop sur le chemin pour nous parler botanique endémique, c’est très intéressant et ça apporte une touche culturelle très appréciable à l’activité à venir.
L’habillage est une épopée, on commence à faire connaissance avec Solène et Coralie, deux amies qui sont avec nous sur le parcours.
Et voilà que commence l’aventure, par un premier rappel de 25 mètres : juste waouu !!!
On est autant super contents que plein d’appréhension sur ce qui nous attend, mais Alex est un moniteur parfait qui sait mettre en confiance grâce à son attitude très professionnelle.
On progresse lentement, on jette les sacs à l’eau, on les récupère, on enchaine les rappels, puis les toboggans : je découvre alors en moi une force insoupçonnée alors que je me croyais trouillarde à vie pour ce genre d’activités!
Voilà que les deux copines me surnomment Funky Mamma!!, et prennent soin de mes deux ado, dont l’un aurait vite fait de lâcher une main sur la corde !!
Alex continue de nous apprendre la géologie locale, le nom des sommets qui nous entourent : ici les Trois Salazes, au loin le col du Taïbit, le Piton des Neiges qui domine Cilaos.
Les dépôts ferreux sur les parois rocheuses ont donné leur nom à la rivière Bras Rouge, c’est superbe.
Je commence à avoir froid, et les orteils gelés me rendent moins habiles en escalade!
Mais c’est bientôt la sortie, et voilà que Pierre et Zoé ont réussi à atteindre notre point de passage final, c’est super chouette de les retrouver là!
Basile et Félix sont ravis, et je suis super fière d’avoir réussi à gérer ce canyoning vertigineux avec eux : voilà qui me donne envie de recommencer sur nos prochaines escapades !
On quitte notre guide et nos compagnes d’activité plein de reconnaissance…
Il est midi, mais puisque nous sommes sur la route qui mène à Ilet-à-Cordes (prononcer « Ilette », c’est ainsi que sont nommés de nombreux hameaux au coeur des cirques), dont le Routard décrit la route comme « époustouflante », on décide d’y pousser.
Le mot est juste, je suis subjuguée par les décors qui s’offrent à chaque virage…
Heureusement, c’est un hameau perdu dont le trafic est très tranquille, ce qui permet à Pierre de m’arrêter en bord de route pour des photos géniales. Je ne peux plus m’empêcher de m’ébahir à que nouvelle vue panoramique.
Le village est très tranquille en cette heure méridionale, centré sur les activités agricoles qui semblent encore assez artisanales.
Lui aussi trône sur son promontoire cerné par les remparts du cirque, c’est extraordinairement dépaysant, et ces paysages continuent de me rappeler le Pérou!
Il est temps de remonter sur Cilaos pour un déjeuner bien mérité. En terrasse à l’étage, avec vue sur l’église de Cilaos, elle-même dominée par le Piton des Neiges, on se régale de spécialités créoles (ce poulet à la vanille !) si réconfortantes après toutes nos émotions du matin!
Il est alors temps d’aller saluer une célébrité locale : Gillette Gonthier, la grand-mère de mon collègue Etienne, Réunionnais de souche, qui m’a grandement aidée à planifier l’organisation de ce voyage : je dois même dire qu’il en est à l’origine! Je n’avais pas du tout envisagé à court terme de revenir sur la Réunion, même si j’avais toujours en tête de la faire découvrir aux miens un jour. Et puis il m’a titillée, on en a parlé, et j’ai trouvé le lendemain-même cet échange de maison qui a tout fait basculer! Qu’il est bon parfois de se laisser porter par le destin !
J’avais dit à Etienne que ça me ferait plaisir d’aller rencontrer sa grand-mère, née à Bras Serré -le village d’à côté- pour lui transmettre les bises de son petit-fils.
Gillette vit seule, et c’est un petit bout de femme au sourire rayonnant qui nous accueille comme si nous nous étions déjà rencontrés ! On passe une bonne demi-heure en sa compagnie, elle nous apprendra ainsi qu’elle faisait chaque jour douze kilomètres à pieds pour rejoindre l’école : il n’y a pas de secrets, les meilleurs « traileurs » sont bien tous ces Réunionnais nés dans les cirques !
Elle s’est d’ailleurs entraînée avec son mari et sa voisine pour « le Grand Raid », cette course folle qui traverse l’île, et a réussi à en parcourir la moitié !!! Mais un problème de genou a eu raison de son parcours, « je n’aurais jamais du m’arrêter à Cilaos, je n’ai pas su repartir! » Nous confie-t-elle des étoiles plein les yeux…
Je suis pleine d’admiration pour ces vies de labeur, si fières de leur patrimoine : vivre à Cilaos, c’est tout de même quelque chose !

L’après-midi est déjà bien avancée quand nous quittons le cirque, la route est longue pour regagner la côte, les lumières de fin de journée subliment encore les reliefs de Cilaos, et toute la famille a bien envie d’un coucher de soleil sur notre désormais chère plage d’Etang Salée : lumière sublime, vagues parfaites, sable brun tout chaud, et un petit vendeur ambulant « la Mafia des cookies » avec ses biscuits tendrement réussis et sa citronnade à la cannelle, à la muscade et à la girofle , et nous voilà rentrés d’une nouvelle journée sacrément bien remplie !





































































































































































































































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