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Nos deux derniers jours à vélo : le Pays Basque tient ses promesses

  • il y a 7 jours
  • 5 min de lecture

Jour 12 : Cap Breton => Anglet : 30 km et du dénivelé

Jour 13 : Anglet => Urrugne : 29 km et encore plus de dénivelé !!






Voilà,  tout doucement, la fin de ce fantastique périple à vélo approche…

Et avec elle, le Pays Basque, promesse de littoral sublime et de dénivelés coriaces.


Nous quittons Cap Breton alors que le soleil est revenu, dans une lumière superbe, l’océan s’est réveillé, les vagues sont magnifiques et les surfeurs sont à l’eau !



Pas de souci technique cette fois, si ce n’est que je me traine sur toute la première moitié du trajet : mais que se passe -t-il ? L’impression que mes sacoches pèsent des tonnes ! Pierre jette un oeil lors de la pause du midi et constate qu’un patin de frein touche le pneu… ouf, il y avait donc bien une explication rationnelle à cette mauvaise sensation!

On s’arrête dans Tarnos, dans un petit resto vietnamien repéré sur Internet, le Mékong Express, et on y passe un très chouette moment : merveilleux accueil de la propriétaire, plats succulents, on passe un long moment à échanger avec elle et on découvre une vie qui lui a demandé tant d’adaptation, de défis à relever et de détermination pour accomplir ses projets ! Recueillie à 11 ans avec sa famille sur un boat people à Singapour, ils ont tout reconstruit au Pays Basque : repartir à zéro, ne pas obtenir ses équivalences (sa maman était dentiste et son papa professeur de littérature en université), ne pas avoir le choix, travailler à l’usine pour faire vivre la famille, mais malgré tout savourer la chance d’être protégés, sécurisés, et accueillis en France. Elle nous a transmis sa reconnaissance éternelle d’être ici, les challenges qui l’ont titillée, tenir pendant des années un grand restaurant asiatique à succès, se coucher à 2h du matin tous les soirs, et se relever chaque matin. Un jour, à 50 ans, se dire qu’on a envie d’aller essayer de vivre aux Etats Unis et aller y monter un centre esthétique sur Atlanta pendant 5 ans, et pus revenir au Pays Basque, celui qui est son pays désormais, et tout recommencer avec ce petit restaurant plus simple à gérer. Une vie. On se sent si petits quand on écoute ça !



On reprend la route, et nous voilà vite arrivés à Bayonne, en longeant la voie ferrée ; traversée de l’Adour, on poursuit les pistes cyclables dans la ville, c’est plus difficile ici car il faut être très attentif aux voitures, c’est beaucoup moins reposant que nos belles forêts landaises !



On finit par arriver à notre location sur Anglet après de belle grimpettes, on profite de la piscine pour se rafraichir, puis on troque les vélos pour le bus pour aller flâner dans Biarritz sur la fin de journée.


Cette ville est toujours aussi plaisante : faste, lumière, vagues, et surf, une ambiance singulière qu’on a plaisir à retrouver à chaque fois !

Les destockages des marques de surf nous appellent !! Comme une envie de vivre en short molletonné, débardeur et tongs toute l’année !

Le soleil se couche sur Biarritz, on finit la soirée autour d’une partie de Pili Pili, prêts à affronter notre dernière journée en selle le lendemain.



Départ à dix heures, traversée de Biarritz pour y admirer encore une fois le littoral sublime, force des vagues, bleu éclatant, rochers acérés, achat de macarons de la Maison Adam (un passage obligé !).



Et c’est là que je me suis perdue ! Petit souci de sacoches, je relève la tête, ils ne sont plus là. Je suis la piste qui me semble la plus logique, celle qui longe la Villa Bielza et débouche sur l’incroyable plage de la Côte des Basques. Si l’environnement est magique, force est de constater que je suis toujours seule, et que j’ai perdu la troupe !

Je dois alors me rendre à l’évidence, je vais devoir remonter sur la route de la corniche par une série de lacets très pentus, pas facile de pousser le vélo qui semble peser si lourd ici ! 

Coups de téléphone, partage des positions, on finit par se retrouver : morale de l’histoire, dans les deux cas tout le monde en a bavé côté dénivelés !!



On reprend la route, en direction de Bidart puis Guéthary, qu’on adore et qu’on a choisi pour faire notre pause repas. L’appel du coiffe-shop Parlementia est si fort à chaque fois !

Mais que d’effort pour y parvenir ! Les pentes ici sont infernales !

On est tellement contents de se poser, les plats du coffee-shop sont particulièrement réussis (hum cette salade de tomates rôties, nectarines, chantilly, fêta et noisettes torréfiées !!!), on mange sur la petite esplanade en contrebas pour garder un oeil sur les vélos, face à l’océan.

Le Chai Latte avec les macarons de chez Adam font un dessert parfait.



Et voilà que la ruelle s’agite : une course amateurs de sprint en montée est lancée, on savoure de ne pas être sur la selle à cet endroit précis !! L’ambiance est top, Guthéry s’enflamme ! On passe sous la ligne d’arrivée en imaginant qu’elle aurait pu être érigée en notre honneur !


Il faut repartir. On a du mal à suivre la Vélodyssée, dont les indications ici sont très inconstantes : on monte, on descend, on passe autant de temps sur les vélos qu’à les pousser à pieds des pentes terribles, il fait chaud, mais heureusement le littoral est merveilleux et me rappelle tous les bons moments déjà passés dans cette région charmante…


Et voilà St Jean de Luz et sa plage bondée ! La Rhune en fond de toile nous guide encore, il nous faut traverser la ville, arriver à Ciboure, passer sur son port adorable aux airs de petite cité vénitienne et percevoir au loin le son des cloches de St Jean de Luz qui semblent fêter notre arrivée ! (bon, d’accord, c’était probablement plutôt une sortie de mariage !).



Encore quelques kilomètres dans la campagne et nous atteignons notre petit camping d’Urrugne, trouvé pour la dernière nuit. Ce soir, on dort dans un tipi basque !


Piscine, repos, essais de pelote basque avec Félix (on a encore des progrès à faire !), puis soirée très réussie au Socowa, un restaurant face au Fort de Socoa, où l’on jouit d’un accueil vraiment génial, en plus de nous être régalés des saveurs de la mer et des charcuteries basques !


Dernière nuit au frais, très reposante, et on pousse le plaisir le lendemain matin jusque Arbonne pour nous offrir un dernier petit déjeuner dans les collines basques, dans notre hôtel chouchou Indarra qu’on a plaisir à faire découvrir à mes parents .



On l’a donc fait : 581 kilomètres en onze jours de vélo et deux jours de pause.

Quatre crevaisons, deux chaînes coincées, des porte-bagages à ajuster, des sacoches à raccrocher, des mains plein de cambouis, des traces de chaînes sur les mollets, des coups de pédales dans les tibias.

Des tee-shirts moites, des casques qui collent au front, des gourdes à remplir, des douleurs aux fesses, des muscles qui tirent, le souffle à reprendre.

L’odeur des pins, les embruns de l’océan, le son des cigales, les traces de sable et ce si beau soleil tout au long du parcours.


La Vélodyssée nous a enchantés, l’Atlantique nous a épatés.

Encore des souvenirs en famille pour la vie. Mission accomplie !



 
 
 

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