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La Réunion, une redécouverte

  • 24 avr.
  • 4 min de lecture





Nous voilà sur l’île de la Réunion, que je vais faire découvrir aux miens.

Ce sera mon troisième voyage ici.

Ma première fois à 7 ans, en 1987: trois semaines pour fêter Noël avec mon oncle et ma tante jeunes mariés et installés dans le sud de l’île pour 18 mois en coopération.

Ma deuxième à 25 ans, dix jours entre copines pour venir voir Emilie, alors interne urgentiste dans les hôpitaux de l’île.

Et voilà ma troisième fois, totalement non préméditée, une opportunité saisie au vol en échange de maison!

Une fois tous les vingt ans, et trois voyages différents.


On ne vit pas le même voyage à 7, 25 ou 46 ans… Et c’est très curieux de comprendre ce que chaque âge retient.


Ma Réunion de décembre 1987, c’est mon premier grand voyage en avion.

C’est le goût du Capri Sun, qui n’existait alors qu’ici, et celui des litchis que je n’avais encore jamais vus en métropole.

Ce sont mes premières brasses dans le lagon de St Pierre, c’est ici que je me suis lancée seule pour nager.

C’est la chaleur tropicale ressentie pour la première fois, mes premiers méchants coups de soleil, avec des cloques sur les épaules et les paupières, soulagés par des cataplasmes à la camomille, allongées avec ma soeur dans la pénombre du séjour.

C’est le Zouk, la musique tout le temps, mes parents au concert des Zouk Machine à St Pierre, mais c’était aussi le prénom du chien de Béné et Jérôme, une pâte qui se laissait mordre et chevaucher par mon frérot de deux ans à l’époque. C’est le revoir couvert de sable noir à l’Etang Salé.

C’est leur petite maison dans l’herbe sèche de la Ravine des Cabris, c’est le bananier que nous avions décoré pour les fêtes, c’est ma première montre avec quelques doutes émergeants sur l’existence du Père Noël…

C’est le départ de mes parents en pleine nuit pour aller voir les coulées de lave du Piton de la Fournaise, qui était en éruption à l’époque, c’est le spectacle des Tamouls qui marchent sur le feu, c’est aussi goûter à la tortue de mer qui était alors élevée dans des bassins à St Leu : une autre époque…

C’était une île encore résolument rurale.


Ma Réunion de janvier 2006, c’est une échappée belle chez Emilie avec Marianne, c’est halluciner de voir à quel point l’île s’est urbanisée sur les côtes, c’est des fous-rires de filles, c’est mon baptême de parapente, mes poumons crachés sur le col des Boeufs, les souvenirs de la brume de la plaine des Tamarins, le bonheur du réveil au lever de soleil à Marla au coeur de Mafate.

C’est le volcan qui explose à nouveau, les coulées de lave aperçues au loin en voiture et les bouchons pour y parvenir, c’est l’odeur des tortillons à moustiques, en pleine épidémie de Chikungounia. C’est ces discussions sans fin sur la terrasse dans les soirées moites de janvier, c’est l’endormi dans le jardin de St Pierre, c’est une petite voiture qui peine (une 205 ?) sur les lacets grimpants de l’île, c’est le souvenir d’un démarrage en côte impossible à Cascade Langevin, c’est notre fabrication de rhum arrangé maison (ananas, litchis, mangue) dans des bouteilles de Rhum Charrette.


Ma Réunion d’avril 2026, ce sera redécouvrir les paysages, la culture créole et cette île si colorée. 


C’est d’abord la Route du littoral, cette prouesse des ponts et chaussées sur l’Océan Indien, c’est traverser les Ravines et redécouvrir que chacune a donné son nom à une commune qui la chevauche. C’est cette maison de rêve en échange sur les hauteurs de St Leu, cette douce fraicheur du soir, cette piscine au fond de pierre si jolie, cette varangue en bois aérée, cette autonomie en énergie et en eau recyclée et ses savons bio pour les douches du soir.




C'est nos premiers bouchons à la Rondavelle Pivert sur la grève, se poser aprè une nuit en avion, rafraichis par la brise de l'océan.



C’est déambuler dans St Leu, son église aux pierres volcaniques, cette petite ambiance coloniale, ces murs en bois colorés, c’est retrouver les Magasins Pardon et y voir que la gamme de vêtements est toujours aussi pimpante, c’est la furieuse envie de s’y faire plaisir!



C'est voir le soleil se coucher depuis notre terrasse, et se dire qu'on va être si bien ici !



C’est le belvédère du Maïdo sous ce ciel bleu éclatant au lever du soleil, une des portes d’entrée sur Mafate : c’est montrer aux miens la beauté des cirques vue d’en haut, ce plissé majestueux gagné par les esclaves en fuite au XVIIIe siècle, et c’est un petit déjeuner au bord du vide, après un passage dans une célèbre boulangerie du Guillaume où je découvre les macatia coco-pépites de chocolat, ces pains ronds briochés qui font saliver les papilles!



C’est fouler le sable de Trou d’Eau avec Zoé pendant que Pierre et les garçons dévalent les pentes de l’Ouest en VTT.



C’est les cahutes fumantes de poulet boucané au bord des routes le dimanche pour le sacro-saint pique-nique des Réunionnais.

C’est le bonheur des fruits de la passion, si juteux, si généreux, sur la plage de l’Ermitage, et croquer dans les morceaux d'ananas à pleines dents!




C'est profiter à nouveau d'une baignade avec vue sur le lagon, puis fouler à nouveau le sable noir de l’Etang Salé, réaliser que j’y étais déjà il y a 40 ans, et y savourer la fin du jour dans la chaleur des Tropiques.

C'est découvrir l'énergique animation des Rondavelles de St Leu le dimanche soir, où chacun se fait plaisir dans les saveurs de l'île, c'est savourer mon premier rougail saucisses, ça faisait longtemps !




Un petit bout de France au coeur de l’Océan Indien, qui a su garder sa forte identité créole.

Un troisième voyage pour vivre à fond « l’Ile Intense », un nouveau partage en famille dans le tourbillon de mes envies d’évasion !




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