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En Suède, pour la plus grande aventure sportive de notre vie !

  • 10 juil.
  • 8 min de lecture




Et voilà, nous sommes en Suède, et nous y avons vécu la plus grande aventure sportive de notre vie !


J’avais repéré de longue date un périple à faire dans l’archipel de Stockholm, j’y rêvais de stuga, ces petites cabanes rouges posées sur les îlets, où l’on vit une vie de Robinson à la suédoise, entre grillades de saumon, toilettes sèches (!) et bain glacé après un sauna comme ils en ont partout en pleine nature, sous la lumière d’été qui ne se couche jamais…


Et puis il y a quelques mois, je suis tombée sur cette expédition en radeau, assez inédite, organisée par un tout petit organisme familial, « Vildmark I Varmland », le long de la rivière Kläralven, au centre de la Suède, à quatre heures de route de la capitale.


Attention, ça ne s'est pas fait sans peine : il a fallu tout de même convaincre mon homme! J’ai donc proposé à Sophie, ma super copine toujours prête à me suivre dans mes délires, de nous y accompagner avec ses filles pour créer une émulation de groupe, et au passage on a mis dans les bagages le meilleur copain de Félix : pas d’ado boudeur avec cette solution !


Mais c’était sans savoir que ce nombre important était en fait indispensable à notre survie !!!

A postériori , tenter cette aventure en famille, juste à cinq, aurait relevé du suicide collectif !


J’ai donc d’abord réussi à trouver une maison en échange dans la proche banlieue de Stockholm pour nous accueillir à l’arrivée et au retour de l’expédition en radeau, avant de poursuivre le voyage dans trois autres îles de l’archipel.


Après une très longue escale de près de huit heures à Munich ( le prix à payer pour des billets pas chers du tout !), nous voilà arrivés dans la soirée dans la jolie maison suédoise de Veera, parfaite pour héberger toute notre joyeuse troupe!

Notre hôte avait même anticipé les courses pour que nous puissions nous préparer un repas suédois à base de saumon, de sauce citron à l’aneth, et de petits légumes vapeur : le voyage commence bien !!



Nous voilà couchés pour notre première nuit sous la lumière de minuit après un passage dans le sauna familial (quel pied!), et partis dès le lendemain matin pour la route qui nous emmène à Gunnerud, notre point de rendez-vous.

Après un stop en grand supermarché pour constituer notre ravitaillement pour les 4 jours à venir, le ruban d’asphalte défile entre les sapins sous une météo bretonne où pluie, vent, nuages et lumières d’été ponctuent le parcours.

C’est vers 18 heures et sous un beau soleil que nous avons découvert la base de l’organisme à Gunnerud, sous les sapins, tout en cabanes de bois, en grosses caisses de matériel, en modèles de radeaux à construire : on est dans l’ambiance !



Un jeune moniteur (blond évidemment!) nous montre d’abord le matériel prévu pour notre expédition : tentes, tapis de sol (et non pas de matelas gonflable!), sacs de couchages, caisses de matériel de cuisine avec les réchauds, caisse de « toilettes dans la nature » avec pelle, seau, papier, et consignes de gestion, cordes.

On nous fait un détail du parcours, joliment représenté sur l’envers des caisses en bois aux multiples couches de vernis (indispensable pour résister à l’humidité ambiante) : 50 kilomètres de descente, seuls au monde, avec cinq ponts à passer au total, et les fameux points verts, qui seront nos points noirs : des zones délicates qui demandent une attention particulière pour ne pas rester coincés sur la rivière.


Puis on assiste à un petit film qui présente l’histoire de la rivière : la Kläralven (qui signifie « rivière claire »), prend sa source au nord de la Suède, puis traverse la Norvège avant de revenir sur le centre-sud de la Suède : réputée pour la pêche, elle était historiquement utilisée pour le flottage du bois, c’est-à-dire le transport des troncs d’arbre par l’eau elle-même, avec plus de 1500 personnes sur les siècles précédents employés à cette activité. 

Les Suédois sont friands de descendre les rivières à bord d’embarcation de toutes sortes, et l’on peut dire que ces radeaux sont vraiment étonnants, en plus d’être sacrément mignons esthétiquement.

On finit notre briefing par une révision des règles de sécurité (il y avait 11 petites vidéos à regarder en amont du voyage pour comprendre les différents obstacles à franchir!), et par une session d’apprentissage des noeuds utiles pour fixer les rondins entre eux : ça promet, on sent qu’on n’est pas très doués !!!

On achète des cannes à pêche basiques pour Félix et Souhayl qui veulent s’y essayer, ils tentent déjà un lancer de bouchon dans la lumière de 22h30: c’est que cette lumière permanente déboussole un peu, on aurait tendance à ne jamais aller se coucher !



Après une soirée au coin du feu pour nous mettre dans le jus des prochains jours, on se glisse dans les sacs de couchage, avec cette obscurité qui ne vient jamais: j’avais emmené des lampes frontales, elles s’avéreront inutiles!


Le lendemain, nous voilà partis en bus après avoir déposé les voitures au point d’arrivée, au camping Bjorkebo. Le départ se fait lui depuis Branas, où se dresse le « chantier » naval, très sommaire, fait de tas de rondins énormes empilés, prêts à être portés toute la journée!



Le travail est titanesque, et nous n’avons que 2 instructeurs pour les 3 grands groupes prêts au départ en ce lundi qui marque l’anniversaire de Pierre et de Félix ! On comprend rapidement qu’ils sont là pour nous guider mais aucunement pour nous aider à porter : on découvre le flegme suédois, cette sensation qu’ils sont opaques à nos émotions! On souffre, on tire la langue, mais ils  continuent de nous guider sans compassion : c’est certains, ce sont des Vikings !!! Et on comprend ainsi mieux la suite qui nous attend!


Il était initialement question de fabriquer deux radeaux pour notre grand groupe, mais on nous explique que l’on peut aussi fabriquer un unique très grand radeau : il nous semble que cette solution divise par deux le risque de se coincer et de rencontrer les difficultés, on réalisera plus tard que nous n’aurions probablement jamais réussi à diriger deux embarcations en étant seulement 4 vraies adultes à bord. 


C’est donc un esquif de près de 3 tonnes que nous allons élaborer tout au long de la journée : on nous propose de ne partir que le lendemain car la journée va être éprouvante, mais on est un peu têtus et on veut s’élancer le soir-même, on est donc motivés à avancer le plus possible.


La bête est composée de 3 plateformes carrées de 3 mètres de côté qui seront assemblées ensemble, et chaque plateforme est elle-même composée de 3 niveaux.

La matinée sera consacrée à la fabrication aux 2/3 des 2 premières plateformes : là aussi on réalise qu’il nous aurait été impossible d’en fabriquer 4 (pour faire 2 radeaux) avec un objectif de départ le soir-même.


Le 1er niveau est composé de 12 énormes rondins par plateforme (donc 36 en tout !!!) , qu’il est impossible de porter : il faut les faire rouler sur le sable jusqu’à la rive, puis les guider sur des rondins perpendiculaires plus étroits qui servent de « rails » dans l’eau jusqu’à ce que la profondeur permette leur flottaison.

Une fois regroupés, on attaque alors l’étape de les assembler avec les cordages, qu’il faut tendre à fond : les ado font preuve d’une aide exemplaire et la solidarité du groupe se scelle face à la difficulté physique de la tâche! C’est super difficile, on en bave, les muscles tirent, on prend nos premiers coups, mais la bonne humeur du groupe permet de garder le cap, les premiers fou-rires fusent ! (il faut dire que notre Soso est excellente pour ça et communique ses poilades à tout le monde !)



Le 2e niveau est fait de 15 rondins par plateforme, de diamètre plus moyen, que l’on peut porter à deux personnes (adultes ou grands ado) : Jeanne nous impressionne par sa force, qui s’avèrera aussi précieuse que celle de Pierre et Basile pour diverses étapes de construction ou démontage!


Le 3e niveau est lui structuré par 15 rondins par plateforme, de diamètre fin, que l’on peut porter seul. Mais vous imaginez bien que lorsqu’on en arrive à cette étape, les muscles sont vidés de toute énergie !


On se pose pour un pique-nique alors que les deux premières plateformes sont presque finies.

Par chance le soleil brille, on n’ose même pas imaginer cette journée de construction dans le froid et la pluie !


L’eau de la rivière est effectivement très claire, d’une température plutôt agréable, dans les 18 degrés (ce qui nous semble pas mal pour la latitude!) et le sable est brun comme une belle cassonade.


Il nous faut reprendre ce travail de galériens, on se fait une compétition mentale avec les autres groupes qui ont des enfants plus jeunes et on se dit qu’on n’aurait jamais eu la force mentale de participer à cette épreuve sans nos adolescents…

On rigole bien car une des mamans dans un autre groupe ne lâche rien, ne s’arrête jamais, porte seule des rondins énormes malgré sa frêle silhouette, on se dit qu’elle a forcément bu la potion magique d’Astérix, ou pire, qu’elle est tombée dedans quand elle était petite comme Obélix : on la verrait bien pousser le radeau en crawlant à elle seule, bref on se fait des délires précieux pour garder le cap !


En milieu d’après-midi, on peut enfin assembler les trois parties, et les moniteurs constatent qu’on peut encore ajouter des rondins là on pense que c’est impossible !! Ils nous sortent alors leur pied de biche de super héros et réussissent à nous caser les dit-rondins : on n’en revient pas, on n’y croyait pas ! Et on comprendra plus tard qu’ils avaient évidemment raison : c’était indispensable pour nous éviter de prendre l’eau totalement dans la suite du voyage !



Vers 17h30, on s’attaque au montage de la tente, là encore c’est assez technique, mais elle sauvera notre première journée. (La suite! La suite!)


On fixe la bouée de sauvetage vers 18h30, on charge les bagages, le canoë (vital!!), les énormes caisses, les pieux de direction qui pèsent des tonnes (mais tout est lourd dans ce pays!!), et notre moniteur nous fait un dernier briefing avant le largage des amarres : il nous demande de baptiser l’embarcation car elle va être notre maison pour les 3 jours à venir (on comprendra qu’elle deviendra notre zone de survie, notre meilleure amie comme notre pire ennemie!!).



Ce sera « Djobi Djoba », en hommage aux Gipsy King : le délire de Pierre qui veut ré-apprendre la guitare auprès de Jeanne sur ces journées de pleine nature ! (nous avons pour l'occasion fait livrer des guitares à bas coût chez nos hôtes pour pouvoir accomplir ce délire jusqu'au bout!)


Nous voilà partis dans la superbe lumière du soir, l’apéro est un délice après cette journée éprouvante, le silence absolu de la rivière enveloppe tous nos plus beaux fous-rires, on félicite nos enfants qui ont été exemplaires de détermination pour nous épauler dans cette rue épreuve.

Mais le premier challenge de navigation nous rattrape vite : savoir accoster pour trouver un campement !!!



Entre repérage d’une rive où la profondeur ne doit pas risquer l’échouage du radeau, où l’herbe doit pouvoir accueillir un campement accessible, et les manoeuvres à opérer avec le canoé pour réussir à approcher le radeau de la rive pour l’y fixer, alors que la bestiole se fait inexorablement emporter par le courant dans toute son inertie, on mettra plus d’une heure à y parvenir une fois la décision prise de se poser ! Heureusement pour nous que cette lumière ne disparait jamais !!!

On s’effondre dans nos tentes vers 23h30, épuisés, assaillis des moustiques tellement heureux de nous voir arriver là, sans avoir eu le courage d’une toilette de chat ou d’un feu de camp…


Mais que nous réserve donc la suite de cette aventure ???



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